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Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a frappé fort à l’Assemblée nationale en déclarant :
« Je ne travaille pas pour Bassirou Diomaye Faye, mais pour le Sénégal. »
Par ces mots, il entend placer son action au-dessus des clivages partisans et réaffirmer que son engagement vise l’intérêt général. Face aux députés, malgré le boycott d’une partie de l’opposition, Sonko a défendu la continuité et la cohérence des politiques publiques, se présentant comme le garant de la stabilité institutionnelle. Dans un contexte régional tendu, marqué par le coup d’État en Guinée-Bissau et l’arrivée à Dakar du président déchu Umaro Sissoco Embaló, cette posture se veut rassurante et incarne la maturité politique d’un dirigeant soucieux de l’État.
Mais derrière cette image d’homme d’État, certains y voient une stratégie politique subtile. Ses opposants l’accusent de chercher à se démarquer du président Bassirou Diomaye Faye pour préserver sa popularité et entretenir l’ambiguïté sur les rapports de force au sommet de l’exécutif. Ce discours, prononcé dans une séance parlementaire sous tension, pourrait aussi viser à désamorcer les critiques sur une supposée mainmise du Premier ministre, tout en préparant le terrain pour d’éventuelles ambitions futures.
Ainsi, la déclaration de Sonko oscille entre sincérité institutionnelle et calcul politique. Elle illustre à la fois la volonté d’incarner l’État au-delà des individus et la nécessité de consolider son leadership dans un paysage sénégalais en perpétuelle mutation.





