Programmes d’Ajustement Structurel : quand le FMI et la Banque mondiale ont saigné l’Afrique

Les Programmes d’Ajustement Structurel (PAS), imposés par le FMI et la Banque mondiale dans les années 1980, ont plongé l’Afrique dans une crise sociale et économique profonde. Présentés comme des solutions à la dette, ils ont provoqué une « décennie perdue » marquée par pauvreté, inégalités et émeutes Alternatives Economiques IRD Horizon.

Dans les années 1970, l’Afrique rêvait d’indépendance économique. Les prix élevés du pétrole et les prêts faciles des banques occidentales semblaient ouvrir la voie à une prospérité durable. Mais en 1982, la crise de la dette éclate : des pays comme le Nigeria ou le Zaïre ne parviennent plus à honorer leurs engagements financiers. C’est alors que le FMI et la Banque mondiale interviennent avec leurs fameux Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) Alternatives Economiques.

Présentés comme des mesures de sauvetage, ces programmes imposent en réalité des réformes drastiques :

  • Dévaluations monétaires : le franc CFA ou le naira perdent brutalement de la valeur, rendant les importations vitales (médicaments, engrais) inaccessibles.
  • Austérité budgétaire : les dépenses publiques chutent de près de 30 %, entraînant la fermeture d’écoles et d’hôpitaux, ainsi que la baisse des salaires des fonctionnaires.
  • Privatisations forcées : des entreprises publiques stratégiques sont vendues à bas prix à des multinationales. Au Sénégal, la SONACOS (huile d’arachide) passe aux mains privées, laissant les paysans dans la misère.
  • Ouverture commerciale : les barrières douanières tombent, exposant les industries locales à une concurrence écrasante venue d’Europe ou d’Asie Alternatives Economiques IRD Horizon.

Le résultat est catastrophique : entre 1980 et 1989, le PIB par habitant en Afrique subsaharienne recule de 0,8 % par an, tandis que la malnutrition infantile grimpe de 50 %. Les « émeutes FMI » éclatent à Abidjan, Bamako ou Lusaka, symboles d’une population exaspérée par des politiques imposées de l’extérieur Alternatives Economiques.

Dans les années 1990, les critiques se multiplient. Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, dénonce des « thérapies de choc » uniformes, incapables de tenir compte des réalités locales. Les ONG comme Oxfam parlent de « Pauvreté Accrue Structurellement ». En 1996, l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) tente d’alléger le fardeau, et les PAS se transforment en programmes de « Réduction de la Pauvreté et Croissance ». Mais pour beaucoup, le mal est déjà fait : les inégalités se sont creusées et la dépendance aux matières premières s’est renforcée Alternatives Economiques.

Aujourd’hui, avec une dette africaine estimée à 1 000 milliards de dollars, l’ombre des PAS continue de planer sur le continent. L’histoire de ces ajustements structurels reste une leçon dramatique sur les dangers des politiques économiques imposées sans considération des réalités sociales et locales Alternatives Economiques IRD Horizon.

Sources

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *