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Le journaliste Ghazali Abdou, correspondant de Deutsche Welle (DW) à Niamey, a été incarcéré le 23 janvier 2026 à la prison civile de la capitale nigérienne. Les autorités lui reprochent un reportage sur les réfugiés nigérians, accusé de « créer le trouble » et de servir de prétexte à une attaque contre le Niger. Cet épisode illustre la répression croissante de la liberté de la presse sous la junte militaire.
Le vendredi 23 janvier 2026, le journaliste Ghazali Abdou, correspondant du média allemand Deutsche Welle (DW) à Niamey, a été arrêté puis écroué à la prison civile de Niamey. Selon des sources concordantes, il est accusé d’avoir réalisé un reportage « pour le compte de l’extérieur », avec l’intention supposée de « créer le trouble » et de donner aux autorités nigérianes un prétexte pour attaquer le Niger et ses dirigeants.
Le reportage incriminé portait sur les réfugiés nigérians installés à Niamey, un sujet sensible dans le contexte actuel de tensions régionales.
Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), dirigé par le général Abdourahamane Tiani, exerce un contrôle strict sur les médias. Les relations entre le Niger et le Nigeria sont particulièrement tendues : Abuja a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement pour rétablir l’ordre constitutionnel. La junte nigérienne est obsédée par cette menace et voit dans certains reportages critiques une tentative de déstabilisation orchestrée de l’extérieur.
Plus d’une dizaine de journalistes sont actuellement détenus dans les prisons du CNSP, selon des organisations locales et internationales. Les arrestations se multiplient : en septembre 2025, le directeur de publication Ali Soumana avait été incarcéré après une plainte du Premier ministre Agence Ecofin. En janvier 2026, deux journalistes d’Agadez ont également été emprisonnés, confirmant un climat de répression généralisée journalduniger.com. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un « recul inquiétant » de la liberté de la presse au Niger, rappelant que le droit à l’information est un droit fondamental Reporters sans frontières | RSF.
L’affaire Ghazali Abdou illustre : La fragilité de la liberté de la presse au Niger, où les journalistes sont assimilés à des menaces pour la sécurité nationale. La paranoïa sécuritaire de la junte, qui interprète toute critique comme une tentative de déstabilisation orchestrée par des puissances étrangères. Le risque d’isolement international, car la répression contre les médias pourrait accentuer les tensions diplomatiques avec l’Union européenne et les organisations de défense des droits humains.
L’incarcération du correspondant de DW à Niamey marque une nouvelle étape dans la répression de la presse au Niger. En ciblant un journaliste travaillant pour un média international, la junte envoie un signal inquiétant : aucun acteur médiatique, local ou étranger, n’est à l’abri de ses mesures coercitives. Cette affaire relance le débat sur la nécessité de protéger la liberté d’informer dans un pays où la démocratie est suspendue et où la peur d’une intervention extérieure nourrit une dérive autoritaire.





