CAF : Avec Patrice Motsepe, le football africain est miné par les opacités et les conflits

Élu en mars 2021 à la tête de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe avait promis transparence, rigueur et modernisation. Quatre ans plus tard, son mandat est marqué par des controverses persistantes, des conflits d’intérêts et une gouvernance jugée opaque.

Motsepe avait annoncé une rupture avec les scandales du passé. Pourtant, les critiques dénoncent une absence de réformes structurelles et une gestion marquée par le flou. Sa réélection en mars 2025, sans opposition, prolonge son mandat jusqu’en 2029, mais elle s’accompagne d’une contestation croissante .

Propriétaire du club sud-africain Mamelodi Sundowns, confié à son fils, Motsepe incarne un profil d’homme d’affaires prospère. Mais cette double casquette nourrit les soupçons de collusion entre ses intérêts privés et ses fonctions à la CAF. Les décisions sensibles sont souvent renvoyées vers des commissions, permettant au président de rester « au-dessus de la mêlée » et d’éviter les critiques directes.

La finale de la CAN 2025, marquée par des incidents et des décisions arbitrales controversées, a terni l’image du football africain. Motsepe a promis des sanctions plus sévères et un renforcement des règles disciplinaires, mais ses déclarations sont jugées insuffisantes et trop tardives . Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, a publiquement exprimé son mécontentement face à Motsepe lors d’un sommet de la CAF en février 2026, dénonçant une gestion jugée inacceptable .

Le Royaume, hôte de la CAN 2025, a investi massivement pour offrir une compétition de haut niveau. Pourtant, les polémiques arbitrales et organisationnelles ont gâché la fête. De nombreux acteurs du football marocain dénoncent une absence de respect et de reconnaissance de la part de la CAF. La décision de maintenir la CAN féminine au Maroc malgré les contestations est perçue comme une provocation, accentuant la défiance envers Motsepe.

Une présidence fragilisée

Points clésConstats
Réformes promisesNon réalisées, gouvernance opaque
Conflits d’intérêtsPropriétaire de club + président CAF
Crises arbitralesMultiples, sans clarifications publiques
RéactionsPromesses répétées, peu d’actions concrètes
Image internationaleDégradée après la CAN 2025

Patrice Motsepe dispose d’un réseau et d’une influence considérables pour transformer la CAF. Mais son style de gouvernance, basé sur le compromis permanent et l’évitement des responsabilités, alimente une culture d’impunité. Les scandales de la CAN 2025 au Maroc ont révélé les limites de cette stratégie : l’Afrique du football attend des réformes concrètes, pas des promesses creuses.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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