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Le matériel militaire nigérien, longtemps immobilisé au port de Cotonou, a finalement quitté les lieux le jeudi 5 mars 2026. Une unité des Forces armées béninoises a escorté ce convoi stratégique, dont le contenu reste confidentiel, depuis Cotonou jusqu’au territoire togolais, avant de poursuivre sa route vers Niamey.
Ce déblocage marque une évolution notable dans les relations entre le Bénin et le Niger. Depuis la prise de pouvoir du général Abdouramane Tiani, les tensions s’étaient accentuées entre les deux pays. Le chef de la junte nigérienne avait dénoncé la fermeture des frontières béninoises, qui entravait le transfert de matériels militaires essentiels à Niamey. De son côté, le président béninois Patrice Talon avait justifié cette décision en affirmant qu’« par principe » il ne pouvait pas soutenir un putsch, ce qui avait alimenté les divergences entre les deux voisins.
L’escorte assurée par les Forces armées béninoises traduit néanmoins une volonté pragmatique de réduire les frictions et de faciliter le transit de biens stratégiques, tout en maintenant une position politique ferme vis-à-vis du changement de régime au Niger. Le passage par le Togo, sous protection béninoise, illustre également la complexité des équilibres régionaux, où la coopération sécuritaire se mêle aux tensions diplomatiques.
Ce convoi, au-delà de sa dimension militaire, symbolise la nécessité pour les États de la sous-région de trouver des compromis entre principes politiques et impératifs sécuritaires. Alors que la CEDEAO continue de chercher une voie commune face aux transitions militaires, l’épisode de Cotonou rappelle que les réalités géopolitiques imposent parfois des ajustements tactiques.





