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Un nouvel accord controversé entre les États-Unis et le Cameroun suscite de vives réactions. Selon le New York Times, l’administration Trump aurait contraint Yaoundé à accepter sur son sol des migrants qui ne sont pas ressortissants camerounais, en échange d’une enveloppe de 30 millions de dollars.
Cette pratique s’inscrit dans une série d’accords bilatéraux que Washington multiplie depuis plusieurs mois avec certains pays africains et latino-américains. L’objectif affiché est de déléguer la gestion migratoire et de réduire le nombre de demandeurs d’asile arrivant directement aux États-Unis.
Du côté camerounais, l’accord soulève des interrogations majeures. Les autorités locales se retrouvent face à un dilemme : accepter une manne financière importante, mais au prix d’une pression sociale et sécuritaire accrue. Les migrants concernés ne sont pas originaires du Cameroun, ce qui risque d’alimenter des tensions communautaires et de fragiliser davantage un pays déjà confronté à des défis sécuritaires dans ses régions anglophones et frontalières.
Pour les défenseurs des droits humains, cet accord illustre une tendance inquiétante : la transformation de certains pays en zones de rétention externalisées, où les migrants sont envoyés sans garantie de protection ni de respect des conventions internationales.
L’affaire relance le débat sur la responsabilité des grandes puissances dans la gestion des flux migratoires mondiaux. Elle met également en lumière la fragilité des États partenaires, souvent contraints de céder face à des pressions diplomatiques et financières.





