Togo/OTR : L’affaire Bileyo Donko devant la justice, entre accusations de détournement et bataille pour l’honneur

Depuis le 22 mars 2026, le nom de Bileyo Donko, inspectrice des douanes et actuelle patronne du Renseignement et de la Lutte contre la Fraude à l’Office Togolais des Recettes (OTR), est au centre d’une vive polémique. Lors d’un live diffusé sur Facebook et relayé sur plusieurs plateformes, le journaliste Ferdinand Ayité a affirmé avoir découvert un mécanisme de détournement de deniers publics impliquant deux inspectrices des douanes, dont Mme Donko. Selon lui, des fonds auraient été détournés puis déposés dans une compagnie d’assurance vie, NSIA Assurance Vie.

Face à ces accusations, Bileyo Donko a réagi avec fermeté. Elle conteste catégoriquement les révélations du journaliste et a mandaté son avocat pour déposer une plainte devant le tribunal de grande instance de Lomé. La procédure vise Ferdinand Ayité et contre X pour dénonciations calomnieuses, diffusion de fausses nouvelles, atteinte à l’honneur, violation de l’intimité et menaces. Dans sa démarche, elle exige que la vérité soit établie et que les faits soient rétablis par voie judiciaire.

La plainte ne s’arrête pas là : elle concerne également NSIA Assurance Vie, mais sur le plan administratif. L’objectif est d’obtenir des documents officiels attestant des montants déposés afin de démentir les accusations portées contre elle. Cette demande traduit la volonté de l’inspectrice de s’appuyer sur des preuves tangibles pour défendre son intégrité et son image publique.

Cette affaire soulève plusieurs enjeux. Sur le plan institutionnel, elle met en lumière la fragilité de la confiance des citoyens envers l’OTR, organisme chargé de la collecte des recettes publiques. Sur le plan médiatique, elle illustre la puissance des réseaux sociaux dans la diffusion rapide d’accusations qui peuvent ébranler des carrières et des institutions. Enfin, sur le plan judiciaire, elle pose la question de l’équilibre entre liberté de la presse et protection de l’honneur des personnalités publiques.

La société togolaise attend désormais que la justice joue pleinement son rôle. Une instruction transparente et rapide est nécessaire pour confirmer ou infirmer les faits allégués. Car au-delà des personnes impliquées, c’est la crédibilité des institutions et la confiance des citoyens qui sont en jeu.

En définitive, l’affaire Bileyo Donko est devenue un test grandeur nature pour la justice togolaise : saura-t-elle trancher avec impartialité et restaurer la vérité dans un dossier où se croisent finances publiques, réputation institutionnelle et liberté d’expression ?

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *