Togo : CashPower, entre tarification sociale et opacité, les consommateurs réclament plus de transparence

Le système CashPower, mis en place par la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), est censé favoriser l’accès à l’électricité pour les ménages modestes grâce à une tranche sociale fixée autour de 30 kWh par mois. En théorie, cette tarification progressive permet aux petits abonnés de bénéficier d’un prix réduit tant qu’ils restent dans cette limite. Mais dans la pratique, de nombreux consommateurs dénoncent une opacité persistante et des variations déroutantes dans la quantité d’électricité obtenue pour un même montant.

Le principe est simple : En début de mois, une recharge de 5 000 FCFA peut donner une quantité relativement élevée d’électricité si l’abonné est encore dans la tranche sociale. Dès que la consommation dépasse les 30 kWh, le tarif appliqué devient plus élevé, réduisant automatiquement le nombre de kilowattheures obtenus pour le même montant.

Ce mécanisme reflète une volonté de redistribution : les petits consommateurs paient moins, les gros paient plus. Mais cette logique reste mal expliquée au grand public, ce qui alimente frustrations et soupçons.

La CEET n’a pas suffisamment vulgarisé le fonctionnement de cette tarification. Les usagers découvrent souvent par eux-mêmes que leurs recharges varient, sans explication claire. Cette absence de pédagogie nourrit un sentiment d’injustice et de méfiance. Les consommateurs estiment que la CEET devrait publier régulièrement des informations détaillées sur les tranches, les tarifs appliqués et les seuils de consommation. L’absence de facturation lisible et de communication proactive renforce l’impression d’un système opaque, voire arbitraire.

Dans un contexte où l’électricité reste un service essentiel mais coûteux, cette opacité a des conséquences sociales importantes : Les ménages modestes, censés être protégés par la tranche sociale, se sentent parfois pénalisés lorsqu’ils constatent une baisse soudaine de la quantité d’électricité obtenue. Les classes moyennes et les gros consommateurs dénoncent une tarification jugée trop lourde, sans contrepartie visible en termes de qualité de service. La confiance entre la CEET et ses abonnés s’érode, ce qui fragilise la légitimité de la politique énergétique nationale.

Pour restaurer la confiance, plusieurs pistes s’imposent : Publication claire des barèmes et explications accessibles à tous, campagnes d’information pour expliquer la logique de la tarification progressive, associer les associations de consommateurs aux discussions sur la politique tarifaire.

En définitive, le système CashPower illustre une tension classique entre justice sociale et lisibilité économique. Si la tranche sociale est une avancée pour les ménages vulnérables, son efficacité est compromise par un déficit de transparence et de communication. La CEET doit impérativement clarifier ses pratiques pour que la tarification progressive soit perçue comme un outil d’équité, et non comme une source d’incompréhension ou de méfiance.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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