RCA : République trahie, à Bangui, la corruption défie ouvertement la promesse de Touadéra

Assemblée nationale, scandale de l’année Sarandji, Dillah et Makango à la barre. Il y a des phrases qui engagent une nation. Et il y a des actes qui les trahissent. Lorsque Faustin-Archange Touadéra affirmait, avec gravité, que « la 7e République ne sera pas ouverte aux corrompus », il traçait une ligne rouge. Aujourd’hui, cette ligne semble piétinée au sommet même de l’État. Car ce qui se déroule actuellement autour de l’Assemblée nationale n’est pas un simple dysfonctionnement administratif. C’est une affaire grave voir même un scandale de l’année, Sarandji, Dillah et Makango à la barre. Une tentative présumée de détournement de fonds publics à hauteur de 400 millions de FCFA. Une opération qui, si elle est avérée, révèle un mépris inquiétant pour la République et pour le peuple centrafricain. Une manœuvre grossière, une impunité assumée.
Les faits, tels qu’ils sont rapportés, ont de quoi scandaliser. Une procédure claire est volontairement contournée. Des responsables compétents sont écartés au profit de proches. Un devis initial de 196 millions de FCFA est brutalement gonflé à 400 millions. Pourquoi ? Pour créer un surplus. Et ce surplus, pour qui ?
La question dérange. Mais elle mérite d’être posée sans détour. Car derrière ces chiffres, il ne s’agit pas d’une simple ligne budgétaire : il s’agit de l’argent du peuple. Celui qui devrait servir à construire des écoles, à équiper des hôpitaux, à répondre aux urgences sociales.

Le scandale de trop ?

Ce qui choque davantage, c’est le sentiment de déjà-vu. L’Assemblée nationale a été, par le passé, le théâtre d’affaires similaires. Des noms ont circulé, des responsables ont été éclaboussés, certains ont chuté. Et pourtant, rien ne semble avoir changé. Faut-il alors conclure que l’impunité est devenue une norme ? Que certains responsables publics considèrent encore les institutions comme des instruments d’enrichissement personnel ? Si tel est le cas, alors c’est toute la promesse de la 7e République qui vacille.

Heureusement, des consciences se lèvent

Mais dans cette affaire, tout n’est pas sombre. Car si ce scandale éclate aujourd’hui, c’est aussi parce que des voix se sont élevées. Parce qu’au sein même de l’Assemblée nationale, des députés refusent de se taire. Refusent de cautionner. Refusent de participer à ce qui ressemble à une prédation organisée.
Ces élus méritent d’être salués. Ils incarnent peut-être, à eux seuls, l’espoir d’un renouveau politique réel.

La justice face à son devoir historique

Désormais, la balle est dans le camp de la justice. Elle ne peut pas se contenter d’observer. Elle doit agir. S’auto-saisir. Enquêter. Et, si les faits sont confirmés, sanctionner avec la plus grande fermeté. Car il ne s’agit pas seulement de punir des individus. Il s’agit d’envoyer un message clair : la République n’est pas à vendre. Les institutions ne sont pas des caisses privées. Et les promesses présidentielles ne sont pas des slogans sans lendemain.

Une épreuve de vérité pour la 7e République

Cette affaire est un test. Un test pour le pouvoir. Un test pour la justice. Un test pour toute la classe politique centrafricaine.Soit elle marque un tournant, avec des sanctions exemplaires et une rupture réelle avec les pratiques du passé. Soit elle confirme, une fois de plus, que les discours ne suffisent pas à changer un système profondément gangrené.

Le peuple, lui, observe. Et il n’oubliera pas.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *