0076/HAAC/01-2023/pl/P
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu, le mardi 24 mars 2026, un verdict qui illustre sa fermeté face aux abus de confiance et aux détournements liés aux actifs numériques. Le nommé T.C. a été condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de deux millions de FCFA pour avoir trahi la confiance de son ami défunt et spolié l’héritière de celui-ci.
L’affaire trouve son origine dans le département du Zou. Conscient de sa fin imminente, la victime avait confié à T.C. la mission de transmettre à sa concubine les accès à son compte Binance, évalué à près de sept millions de FCFA. Ce patrimoine devait constituer une garantie financière pour sa fille unique après son décès. Mais au lieu d’honorer cette ultime volonté, T.C. a choisi de détourner la quasi-totalité des fonds, ne remettant qu’un million de FCFA à la concubine.
La supercherie a rapidement été découverte. Outre le détournement des actifs numériques, le prévenu s’était également approprié divers biens meubles et immeubles appartenant au défunt. Face à ces irrégularités, une plainte a été déposée, entraînant l’interpellation de T.C. qui a fini par avouer les faits devant la juridiction spéciale.
La chambre correctionnelle de la CRIET n’a pas seulement prononcé une peine d’emprisonnement. Elle a également imposé des réparations financières strictes : T.C. devra verser 5 345 650 FCFA à l’héritière légitime, correspondant au montant spolié, et restituer l’ensemble des biens matériels conservés illégalement.
Ce jugement marque un signal fort : la justice béninoise entend sanctionner sévèrement la manipulation frauduleuse des actifs numériques et la violation des engagements moraux. Au-delà de la sanction pénale, cette affaire rappelle que la confiance placée dans un proche ne doit jamais être trahie, surtout lorsqu’il s’agit de protéger l’avenir d’un enfant.





