0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le gouvernement béninois a acté, lors du conseil des ministres de fin mars 2026, le limogeage d’Angela Aquereburu Rabatelle de son poste de Directrice générale de la Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB). Nommée en février 2025, la dirigeante d’origine togolaise n’aura passé qu’un peu plus d’un an à la tête de la télévision publique, un passage éclair qui suscite interrogations et débats.
Durant son mandat, Angela Aquereburu avait lancé plusieurs réformes : refonte des formats d’information, introduction de nouveaux rendez-vous éditoriaux, structuration interne et renforcement de l’exigence journalistique. Ces initiatives avaient donné l’image d’une dirigeante déterminée à moderniser la SRTB.
Cependant, derrière cette dynamique, des critiques se sont accumulées. Selon des recoupements de presse, plusieurs fautes jugées graves auraient pesé dans la balance et conduit à son départ.
Parmi les griefs retenus : Absence au Bénin lors des événements du 7 décembre 2025, liés à la tentative de coup d’État déjouée, alors que tous les responsables étaient rappelés en poste. Manquements professionnels dans la couverture médiatique de la présentation du projet de société du candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, le 21 mars 2026 au palais des congrès. Des dysfonctionnements notoires auraient altéré l’image de l’événement. Accrochage verbal avec une ancienne députée, ministre conseillère, survenu le jour même de son limogeage dans l’enceinte de la SRTB. Cet incident aurait précipité la décision de l’exécutif.
Le départ d’Angela Aquereburu, qualifiée par certains de « dame de fer », a été vécu comme un coup de massue par l’intéressée. Elle espérait poursuivre son œuvre de transformation de la télévision publique. Mais la hiérarchie a préféré trancher, invoquant implicitement la nécessité de préserver l’image et la crédibilité de la SRTB dans un contexte politique sensible.
Ce limogeage illustre la fragilité des équilibres entre réformes internes et exigences politiques dans les médias publics. Si Angela Aquereburu a marqué son passage par une volonté de changement, ses erreurs de gestion et ses tensions avec l’autorité ont fini par l’emporter. Son départ ouvre une nouvelle page pour la SRTB, mais laisse en suspens la question de la place des réformes ambitieuses dans un environnement institutionnel où la loyauté et la prudence restent des impératifs.





