0076/HAAC/01-2023/pl/P
Les chefs d’état-major de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont réunis à Ouagadougou pour valider la création d’une force militaire unifiée de 15 000 hommes. Sous la présidence du général Moussa Diallo, cette décision marque un tournant sécuritaire majeur pour les pays membres, confrontés depuis des années à une guerre asymétrique contre les groupes armés.
L’objectif affiché est clair : mettre sur pied une armée confédérale capable de mener des opérations conjointes sur le terrain. Cette force devrait permettre une meilleure coordination, une mutualisation des moyens et une réponse plus robuste face aux menaces transnationales qui fragilisent la région
Depuis plusieurs années, le Sahel est le théâtre d’une insécurité persistante, alimentée par des attaques terroristes, des trafics et une instabilité politique. Les armées nationales, souvent isolées et sous-équipées, peinent à contenir la menace. La mise en place d’une force unifiée apparaît donc comme une tentative de changer le rapport de force et de redonner confiance aux populations.
La réussite de cette force dépendra de la logistique, du financement et de la discipline des troupes. Une armée confédérale suppose une volonté politique forte et une confiance mutuelle entre États membres. Si elle parvient à s’imposer, cette force pourrait devenir un modèle de coopération militaire en Afrique de l’Ouest.
Cependant, des analystes restent prudents : la mise en place d’une telle structure nécessite une cohésion durable et une stratégie claire pour éviter les rivalités internes ou les blocages institutionnels.
La création d’une force militaire unifiée de 15 000 hommes par l’AES est une initiative ambitieuse qui pourrait redéfinir la lutte contre l’insécurité au Sahel. Reste à savoir si cette nouvelle dynamique parviendra à inverser le cours d’un conflit qui s’enlise depuis trop longtemps.





