Unité affichée à Téhéran : les trois pouvoirs iraniens répondent à Trump

Après les déclarations de Donald Trump affirmant que les autorités iraniennes seraient désormais « divisées en interne » et incapables de déterminer « qui est le chef », la République islamique a réagi d’une seule voix. Dans une déclaration commune, Massoud Pezeshkian, président, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, et Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire, ont rejeté toute idée de fragmentation.

« L’Iran n’est ni divisé ni fragmenté : nous sommes tous unis en tant qu’Iraniens et révolutionnaires », ont-ils affirmé, balayant l’hypothèse d’une bipolarisation entre classes extrêmes et moyennes.

Cette réaction concertée illustre une volonté claire des trois pouvoirs de montrer que, malgré les pressions extérieures et les tensions régionales, l’État iranien demeure cohérent et solidaire. L’unité affichée vise à contrer le récit américain d’un régime fragilisé par des luttes internes.

D’autres hauts responsables ont renforcé ce message. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le vice-président Mohammad Reza Aref ont repris des déclarations similaires, insistant sur la continuité de la révolution islamique et la cohésion nationale.

Cette mise en scène d’unité n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où Washington tente de présenter l’Iran comme un pays affaibli par ses contradictions internes. En réponse, Téhéran choisit de montrer une façade institutionnelle solide, où les divergences politiques sont reléguées derrière un consensus national.

Pour les stratèges iraniens, il s’agit de transformer une attaque verbale en opportunité : réaffirmer la légitimité du régime et mobiliser l’opinion publique autour d’un discours de résistance.

Au-delà des faits, cette confrontation illustre la guerre des narrations entre Washington et Téhéran. D’un côté, les États-Unis cherchent à fragiliser l’image du pouvoir iranien. De l’autre, la République islamique s’efforce de démontrer que ses institutions restent soudées et que l’unité nationale transcende les clivages sociaux.

Dans un Moyen-Orient marqué par les tensions, cette bataille symbolique autour de l’image du pouvoir iranien ajoute une nouvelle dimension au bras de fer diplomatique.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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