0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le tribunal de Nouakchott-Ouest a rendu, ce lundi 4 mai 2026, une décision qui marque un tournant dans la relation entre justice et liberté d’expression en Mauritanie. Les députées Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng, toutes deux membres du mouvement IRA et issues du parti Sawab, ont été condamnées à quatre ans de prison ferme.
Les deux élues étaient poursuivies pour des publications jugées offensantes envers les symboles nationaux et susceptibles de menacer la cohésion sociale. Le tribunal les a également reconnues coupables de diffamation, de menaces et d’incitation à la violence.
La décision prévoit en outre la suppression des contenus incriminés, la saisie des téléphones utilisés et la fermeture des comptes concernés.
Placées en détention le 21 avril, les deux députées appartiennent à des mouvements connus pour leur engagement critique face aux institutions. Leur condamnation intervient dans un climat où les débats sur la liberté d’expression et la place des réseaux sociaux dans la vie politique prennent une ampleur croissante.
Cette affaire soulève des interrogations sur l’équilibre entre la protection des symboles nationaux et le respect des droits fondamentaux. Pour certains observateurs, la sévérité du verdict illustre une volonté de réprimer les voix dissidentes, tandis que d’autres y voient une application stricte de la loi face à des propos jugés dangereux pour la stabilité sociale.
La condamnation de Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng constitue un signal fort envoyé par la justice mauritanienne. Elle met en lumière les tensions persistantes entre liberté d’expression, responsabilité politique et préservation de l’ordre social, dans un pays où les réseaux sociaux deviennent un terrain majeur de confrontation entre institutions et contestation citoyenne.





