Mali/Assimi Goïta : “Je suis mortel, mais je porterai l’espoir du peuple jusqu’au bout”

Dans une déclaration marquée par une intensité rare, le président de la transition malienne, Assimi Goïta, s’est adressé au peuple avec des mots qui résonnent comme un testament politique. Reconnaissant sa propre fragilité, il affirme : “Je suis mortel, je ne suis pas parfait et j’en suis conscient. L’histoire me jugera un jour mais en attendant, je demande juste votre soutien.”

Goïta insiste sur le caractère imposé de son rôle : “Je n’ai pas choisi ce destin mais il s’est imposé à moi. Dieu sait ce qu’il fait. J’irai jusqu’au bout.” Cette phrase traduit une volonté de poursuivre sa mission malgré les menaces qui l’entourent, dans un contexte sécuritaire où la mort est une compagne quotidienne.

Le chef de l’État évoque la possibilité de disparaître avant d’atteindre l’idéal qu’il poursuit : “Si je meurs avant d’atteindre notre idéal à tous, continuez le projet sans moi, épousez les jalons du changement avec mon sang et ma chair. Aucun sacrifice n’est si énorme pour ce pays.”,Il refuse toute sanctification posthume, appelant à poursuivre l’œuvre plutôt qu’à sacraliser sa mémoire.

Goïta se distingue de figures historiques comme Thomas Sankara, tout en revendiquant son propre rôle : “Je ne suis pas Thomas Sankara mais je suis Assimi Goïta. Souvenez-vous de moi comme un réformateur, pas comme un révolutionnaire. Souvenez-vous de moi comme le porteur d’espoir du peuple.” Cette nuance traduit une volonté de s’inscrire dans une démarche pragmatique, centrée sur la réforme et la consolidation de l’État.

Le président souligne que son combat est celui de toute une génération : “Je suis jeune au même titre que vous. Si j’échoue c’est toute la jeunesse malienne qui échoue.” L’échec, plus que la mort, est pour lui la véritable crainte.

Par ce message, Assimi Goïta se présente comme un dirigeant conscient de ses limites mais déterminé à incarner l’espoir d’un peuple en quête de changement. Entre humilité et engagement, il trace les contours d’un héritage politique où la jeunesse et la réforme sont au centre, et où la mort n’est qu’un obstacle secondaire face à l’idéal poursuivi.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *