Cameroun/Fecafoot : Samuel Eto’o reste en place, le TAS ouvre six procédures dont celle de l’ACAF

Malgré les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, Samuel Eto’o Fils demeure président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot). Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), basé à Lausanne, n’a pas encore rendu de verdict qui pourrait le destituer. Toutefois, six procédures liées à la gouvernance de la fédération sont en cours, dont celle initiée par l’Association Camerounaise des Arbitres de Football (ACAF).

Dans une correspondance datée du 5 mai 2026, la conseillère du TAS, Delphine Deschenaux Rochat, a confirmé que les juges se déclarent compétents pour examiner l’appel de l’ACAF. Cette décision intervient après l’épuisement des voies de recours internes à la Fecafoot. Le TAS a accordé un délai de 20 jours à la fédération pour déposer son mémoire en défense et les pièces justificatives. Cette étape procédurale, qui ne constitue pas encore un jugement, a néanmoins suscité des célébrations chez certains acteurs du football camerounais, voyant dans cette recevabilité une victoire symbolique.

À l’origine de la crise, l’ACAF rappelle que Samuel Eto’o avait promis, lors de son élection en 2021, de professionnaliser les arbitres et de leur verser un salaire mensuel. Or, plus de trois ans après, la situation s’est dégradée : les arbitres dénoncent le non-paiement de quatre années d’indemnités de match, soit environ 300 millions de FCFA d’arriérés. Le 21 avril 2025, l’ACAF avait lancé un mot d’ordre de grève générale pour réclamer ces paiements. En réaction, l’exécutif de la Fecafoot a exclu l’association du processus électoral, la remplaçant par une nouvelle structure (ACAAF). Cette décision a conduit l’ACAF à saisir le TAS pour contester son exclusion.

Le dernier scrutin, qui a reconduit Samuel Eto’o pour un second mandat en novembre 2025, est désormais attaqué devant le TAS par plusieurs recours, dont celui de l’ACAF et de clubs de la Ligue régionale du Nord-Ouest. Lors d’une audience d’étape organisée en visioconférence le 17 mars 2026, la Fecafoot avait plaidé pour l’incompétence du TAS, tandis que l’ACAF défendait une stratégie prudente en attaquant le processus électoral à tous les niveaux.

La bataille judiciaire autour de la Fecafoot ne fait que commencer. Si Samuel Eto’o conserve pour l’instant son fauteuil, l’ouverture de six procédures devant le TAS, dont celle de l’ACAF, illustre la profondeur de la crise institutionnelle et la fragilité du consensus autour de sa gouvernance. Les prochains mois seront décisifs pour l’avenir du football camerounais, partagé entre attentes de réforme et tensions politiques internes.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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