0076/HAAC/01-2023/pl/P
L’une des œuvres d’art les plus controversées du monde vient de disparaître en France. La célèbre banane scotchée au mur de l’artiste italien Maurizio Cattelan, estimée à 6,5 millions de dollars, a été dérobée au Centre Pompidou-Metz. Le musée a immédiatement déposé plainte contre X pour vol et atteinte au respect dû aux œuvres d’art.
Ironie cruelle : le voleur n’est reparti qu’avec un simple fruit à 30 centimes, identique à ceux vendus sur les marchés. Car la valeur de l’œuvre ne réside pas dans la banane elle-même, périssable et remplacée tous les trois jours par le musée, mais dans son certificat d’authenticité et un protocole strict. Selon les instructions de Maurizio Cattelan, le fruit doit être incliné à exactement 37 degrés et fixé à 1,72 mètre du sol par un ruban adhésif, conditions qui confèrent à l’installation son statut artistique.
Sans ces codes, le butin de 6,5 millions ne vaut plus rien. Ce vol relance le débat sur la définition de l’art contemporain et sur la frontière ténue entre provocation artistique et absurdité. L’affaire, qui fait déjà grand bruit, interroge sur la sécurité des musées et sur la valeur symbolique attribuée à des œuvres conceptuelles.





