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Une scène d’une rare gravité s’est déroulée ce vendredi 5 juin 2026 au barrage de Tanghin, à Ouagadougou. Des centaines de milliers de poissons morts ont été découverts flottant à la surface et échoués sur les berges, provoquant stupeur et inquiétude parmi les riverains. L’image de ce plan d’eau, jadis symbole de vie et de détente, s’est transformée en un tableau de désolation.
Les habitants, venus constater le désastre, évoquent une odeur pestilentielle et une eau devenue trouble, signe d’une pollution avancée. L’ampleur du phénomène dépasse tout ce qui avait été observé jusqu’ici dans la capitale burkinabè.
À ce stade, les causes exactes de cette mortalité massive demeurent inconnues. Les premières hypothèses évoquent une pollution chimique, une baisse critique du taux d’oxygène dans l’eau ou encore une contamination par des déchets industriels ou domestiques.
Depuis plusieurs années, le barrage de Tanghin souffre d’une dégradation continue : ensablement, accumulation de déchets, rejets non contrôlés et absence d’entretien régulier. Ce cocktail de négligence pourrait avoir précipité la catastrophe écologique observée aujourd’hui.
Au-delà de la perte de la faune aquatique, cette hécatombe menace l’équilibre de tout l’écosystème local. Les pêcheurs, privés de leur principale source de revenus, s’inquiètent pour leur avenir. Les habitants redoutent également une contamination de l’eau, utilisée pour certaines activités domestiques.
Les associations environnementales appellent à une intervention urgente des autorités pour analyser les causes, dépolluer le site et mettre en place des mesures de prévention.
Ce drame met en lumière la fragilité des infrastructures hydriques du Burkina Faso face à la pression urbaine et au manque de gestion durable. Le barrage de Tanghin, autrefois lieu de loisirs et de pêche, devient aujourd’hui le symbole d’une urgence écologique que le pays ne peut plus ignorer.
Les experts appellent à une réhabilitation complète du site et à une politique stricte de protection des eaux urbaines, afin d’éviter que ce scénario ne se répète ailleurs.





