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Le Niger vient de franchir une étape législative majeure. Ce jeudi 11 juin, les autorités ont adopté un nouveau Code pénal qui introduit pour la première fois dans l’histoire du pays la criminalisation explicite de l’homosexualité. Une réforme qui marque une rupture profonde dans l’arsenal juridique nigérien et qui place désormais le pays parmi les États africains les plus sévères en la matière.
Jusqu’ici, la législation nigérienne ne sanctionnait pas directement les relations entre personnes de même sexe. Le nouveau texte vient combler ce que les autorités qualifiaient de « vide juridique », en fixant un cadre répressif d’une sévérité inédite. Les personnes reconnues coupables d’actes homosexuels encourent désormais jusqu’à 20 ans de prison, assortis de peines financières pouvant atteindre 100 millions de francs CFA.
Cette refonte pénale s’inscrit dans une dynamique régionale où plusieurs gouvernements sahéliens et ouest-africains durcissent leurs lois au nom de la « sauvegarde des valeurs traditionnelles, culturelles et religieuses ». Pour les partisans du texte, il s’agit d’une mesure de souveraineté sociétale, destinée à protéger l’identité nationale face à ce qu’ils considèrent comme des influences extérieures.
Mais pour les défenseurs des droits humains, cette réforme représente une régression historique. Elle risque d’alimenter la stigmatisation, de fragiliser davantage les minorités sexuelles et de provoquer des tensions diplomatiques avec les institutions internationales.
Avec ce vote, le Niger rejoint la liste des pays africains dotés d’un arsenal répressif parmi les plus stricts du continent. Une décision qui pourrait avoir des répercussions durables sur son image internationale et sur la place des libertés individuelles dans son système juridique.





