Guinée Equatoriale : gouvernement limogé, vers un retour de Baltazar?

C’est un séisme politique à Malabo. Le gouvernement de Guinée équatoriale a démissionné en bloc, après avoir reconnu n’avoir atteint que 10 % de ses objectifs, selon l’annonce du vice‑président Teodoro Nguema Obiang Mangue, fils du chef de l’État. Un aveu d’échec rare dans un pays dirigé depuis 1979 par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le plus ancien président en exercice au monde.

Le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua et son équipe, nommés en 2024, paient l’effondrement d’une économie pétrolière minée par la corruption et la pauvreté persistante. Le vice‑président a invoqué le principe de « responsabilité liée aux résultats », une formule qui a fait sourire plus d’un observateur, tant la gouvernance du pays reste concentrée entre les mains du clan présidentiel.

Dans les coulisses du pouvoir, certains évoquent déjà le nom de Baltasar, présenté par ses partisans comme « l’homme capable de redresser le pays ». Une suggestion audacieuse dans un système verrouillé depuis près d’un demi‑siècle, où toute alternative politique est perçue comme une provocation.

Cette démission collective, au‑delà de son aspect institutionnel, révèle les tensions internes d’un régime vieillissant confronté à la lassitude populaire et à la pression économique. La Guinée équatoriale, riche en pétrole mais pauvre en réformes, cherche désespérément un souffle nouveau.

Le départ du gouvernement Nsue Nsua illustre la fragilité d’un modèle autoritaire à bout de souffle. Derrière le discours de « responsabilité », c’est la question de la succession qui se profile. Le pays, dirigé par la même famille depuis 47 ans, semble désormais à la croisée des chemins : entre continuité dynastique et aspiration à un renouveau politique.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *