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Pendant plusieurs années, les relations entre la Côte d’Ivoire et le Mali ont été marquées par une crise diplomatique profonde. L’affaire des 49 militaires ivoiriens arrêtés à Bamako en 2022, les divergences au sein de la CEDEAO et les orientations géopolitiques distinctes des deux États ont contribué à dégrader la confiance entre Abidjan et Bamako.
Or, depuis quelques semaines, un changement de ton semble s’opérer. Sans qu’aucune rencontre politique majeure n’ait été officiellement annoncée entre les présidents Alassane Ouattara et Assimi Goïta, plusieurs signaux indiquent une volonté de rétablir des relations plus pragmatiques. Des initiatives économiques sont relancées, notamment autour du fret malien transitant par le port d’Abidjan, et des responsables ivoiriens affichent publiquement leur volonté de renouer le dialogue avec Bamako.
Cette évolution est significative. Le Mali demeure un partenaire stratégique pour la Côte d’Ivoire : des millions de Maliens vivent en territoire ivoirien, les échanges commerciaux sont soutenus, et le corridor Abidjan–Bamako constitue un axe vital pour l’économie malienne. Les réalités économiques imposent souvent le dialogue, même lorsque les divergences politiques persistent.
En Afrique de l’Ouest, la stabilité régionale ne peut reposer uniquement sur des déclarations politiques ou des rapports de force. Elle dépend aussi d’une diplomatie discrète, d’intérêts économiques partagés et d’une coopération sécuritaire renforcée. Les crises diplomatiques, aussi vives soient-elles, ne sont jamais permanentes ; les intérêts des peuples, eux, demeurent.
La véritable interrogation est désormais la suivante : assiste-t-on au début d’une normalisation durable entre Abidjan et Bamako, ou seulement à une trêve dictée par les circonstances régionales ?





