0076/HAAC/01-2023/pl/P
Un pasteur nigérian, Ubong Bassey Etim, a été condamné à mort par pendaison par la Haute Cour de Calabar pour le meurtre de sa fille de 16 ans atteinte de trisomie 21, qu’il avait faussement accusée de sorcellerie. Ce verdict est salué comme une victoire majeure contre les violences liées aux croyances en la sorcellerie au Nigeria.
Le 15 février 2025, le pasteur Ubong Bassey Etim, 51 ans, a tué sa fille, Deborah Bassey, adolescente de 16 ans atteinte du syndrome de Down après l’avoir accusée de sorcellerie.
Le 20 juillet 2026, la Haute Cour de Calabar (Cross River State) l’a reconnu coupable de meurtre et condamné à la peine capitale par pendaison. Le juge Blessing Egwu a estimé que l’accusation de sorcellerie ne pouvait en aucun cas constituer une défense légale.
Les organisations de défense des droits de l’enfant, Safe Child Africa, Advocacy for Alleged Witches (AFAW) et Basic Rights Counsel Initiative (BRCI) ont salué le jugement comme une victoire historique pour la protection des enfants vulnérables. Ces ONG insistent sur le fait que la décision envoie un signal clair : les violences commises sous couvert de croyances en la sorcellerie sont des crimes punissables par la loi. Elles demandent au gouvernement nigérian de renforcer la régulation des églises, d’imposer une formation obligatoire en protection de l’enfance aux leaders religieux et de développer des programmes communautaires pour déconstruire les croyances nocives liées à la sorcellerie.
Le cas de Deborah illustre la vulnérabilité des enfants vivant avec un handicap, souvent victimes de rejet, de torture et parfois de meurtre lorsqu’ils sont accusés de sorcellerie. Le branding de sorciers reste répandu dans certaines communautés nigérianes, malgré les campagnes de sensibilisation. Cette condamnation s’ajoute à une série de jugements récents au Cross River State visant à réprimer les violences liées aux accusations de sorcellerie.
Ce verdict marque une avancée judiciaire et sociétale : il démontre la volonté des autorités nigérianes de sanctionner sévèrement les crimes liés aux croyances en la sorcellerie. Toutefois, les ONG rappellent que la véritable bataille est préventive : il faut éduquer, sensibiliser et responsabiliser les communautés pour que plus aucun enfant ne soit victime de telles accusations.
En résumé, l’affaire Ubong Bassey Etim est un signal fort contre l’impunité, mais elle souligne aussi l’urgence de renforcer la protection des enfants et de combattre les croyances dangereuses qui persistent dans certaines régions du Nigeria.





