Yémen : un blocus meurtrier ignoré par la communauté internationale, riposte maritime des Houthis contre l’Arabie saoudite

Depuis plus d’une décennie, l’Arabie saoudite impose un blocus terrestre, aérien et maritime au Yémen, empêchant l’entrée de nourriture et de médicaments dans les zones contrôlées par les Houthis. Ce blocus, dénoncé par les Nations unies comme l’une des pires crises humanitaires contemporaines, a provoqué la mort de milliers de civils, dont de nombreux enfants.

En 2018 déjà, plus de 5 millions d’enfants étaient menacés de famine. En 2026, selon l’ONU, 22 millions de Yéménites – soit près de la moitié de la population – ont besoin d’assistance d’urgence, tandis que 18 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. Parmi eux, 2,2 millions d’enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition, dont 500 000 de forme sévère.

Le royaume saoudien, qui se présente comme gardien des lieux saints de l’islam, est accusé de violer les principes religieux et humanitaires en affamant une population musulmane. Le blocus, interdit par le droit international et par les règles islamiques même contre des non-musulmans, suscite des interrogations sur la légitimité morale des dirigeants saoudiens.

Malgré l’ampleur de la catastrophe, aucune condamnation ferme n’a été prononcée par la communauté internationale contre Riyad. Les frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, impliquant une trentaine de pays, ont aggravé la situation, tuant directement des milliers de civils.

Face à ce blocus, les Houthis ont annoncé un blocus maritime de réciprocité contre l’Arabie saoudite. Des navires saoudiens ont été attaqués pour non-respect de cette mesure, et le détroit stratégique de Bab el-Mandeb a été fermé à leurs bateaux. Les Houthis menacent également de viser d’autres navires non saoudiens. Par ailleurs, ils affirment qu’aucune goutte de pétrole saoudien ne transitera par le détroit d’Ormuz, en réponse à l’alliance de Riyad avec les États-Unis dans le blocus contre l’Iran.

La poursuite de ce conflit et des blocus croisés risque d’aggraver la crise humanitaire au Yémen et de déstabiliser davantage la région. Les voies maritimes stratégiques, essentielles au commerce mondial, deviennent des instruments de guerre, exposant l’économie internationale à de nouvelles tensions.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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