Afrique du Sud : Ramaphosa présente ses excuses et appelle à une solidarité africaine face au défi migratoire

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a pris la parole devant le Parlement panafricain, réuni à Johannesburg, pour adresser un message empreint de gravité et de responsabilité. Sous la pression des critiques liées aux violences subies par des ressortissants africains en Afrique du Sud, il a présenté des excuses au nom de son peuple aux pays du continent, reconnaissant les tortures et exactions infligées à des citoyens étrangers.

« L’Afrique du Sud ne peut pas faire face seule à ce défi », a-t-il déclaré, en appelant les États africains à soutenir son pays dans la gestion des problèmes liés à l’immigration. Pour Ramaphosa, il est urgent de s’attaquer aux causes profondes de ces tensions, notamment la pauvreté, le chômage et les inégalités qui alimentent la xénophobie et les violences contre les migrants.

Ce geste de contrition intervient dans un contexte marqué par des vagues récurrentes de violences xénophobes en Afrique du Sud, où des travailleurs étrangers, principalement originaires du Zimbabwe, du Mozambique, du Nigeria et d’autres pays africains, sont régulièrement pris pour cible. Selon Amnesty International et Human Rights Watch, ces attaques ont provoqué des dizaines de morts et des milliers de déplacés au cours des deux dernières décennies.

En s’exprimant devant l’organe législatif panafricain, Ramaphosa a voulu donner un signal fort : celui d’une Afrique du Sud consciente de ses responsabilités et désireuse de renforcer la coopération régionale. Il a insisté sur la nécessité d’une réponse collective, estimant que la migration ne peut être gérée efficacement sans une solidarité continentale et des politiques coordonnées.

Les réactions à son discours sont partagées. Certains saluent un acte courageux et une reconnaissance historique des souffrances infligées aux migrants africains. D’autres, plus sceptiques, estiment que des excuses ne suffisent pas et qu’il faut des mesures concrètes pour protéger les communautés étrangères, garantir leur sécurité et promouvoir l’intégration sociale.

Ce plaidoyer de Ramaphosa s’inscrit dans une dynamique plus large de débats sur la gouvernance migratoire en Afrique. L’Union africaine, à travers son Agenda 2063, encourage les États membres à favoriser la libre circulation des personnes et à renforcer les mécanismes de protection des migrants. Mais la mise en œuvre reste fragile, confrontée aux réalités économiques et politiques de chaque pays.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *