Togo : un large soutien citoyen pour l’éducation sexuelle et le maintien des filles enceintes à l’école

Au Togo, les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles s’imposent désormais comme un enjeu majeur du débat public. Les résultats de l’Afrobarometer Round 10, publiés par le Center for Research and Opinion Polls (CROP), révèlent une opinion largement favorable au maintien des adolescentes enceintes dans le système scolaire et à l’enseignement de l’éducation sexuelle dès le collège.

Pour la seule année académique 2024-2025, le pays a enregistré 2.284 grossesses en milieu scolaire : 17 au niveau primaire, 1.319 au premier cycle du secondaire, 948 au second cycle.

Ces grossesses précoces compromettent la scolarisation des jeunes filles, entraînant abandons scolaires, redoublements et exposition accrue aux risques sanitaires.

Face à cette situation, le Togo a durci sa législation. La loi de 2022 sur la protection des apprenants contre les abus sexuels prévoit : 1 à 5 ans de prison et jusqu’à 8.300 dollars d’amende pour toute personne responsable d’une grossesse chez une mineure de 16 ans. Des peines doublées lorsque la victime a moins de 16 ans.

Le pays multiplie les initiatives pour prévenir les grossesses précoces et améliorer l’accès aux services de santé reproductive :
Programme national de lutte contre les grossesses et mariages précoces.
Cellules communautaires de veille.
Adhésion à l’initiative Family Planning 2030, visant à porter la prévalence contraceptive moderne de 23,2 % en 2022 à 29,5 % en 2026.

La prévalence des méthodes modernes est déjà passée de 15,6 % en 2012 à 24,9 % en 2024, signe d’une progression notable.

Les résultats de l’enquête montrent que : Une forte majorité approuve la poursuite de la scolarité des filles enceintes ou mères. Les Togolais soutiennent l’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école. La majorité estime que les contraceptifs doivent être accessibles à toute personne sexuellement active, indépendamment de l’âge ou du statut matrimonial.

Près de 4 répondants sur 10 affirment que l’avortement est fréquent dans leur communauté. Une majorité juge l’interruption volontaire de grossesse justifiée en cas de danger pour la santé de la femme, de viol ou d’inceste. Mais de fortes majorités rejettent l’avortement lorsqu’il est motivé par des difficultés économiques ou une grossesse non désirée.

Ces résultats traduisent une évolution des mentalités et un soutien croissant aux droits sexuels et reproductifs. Ils rappellent que la santé des femmes est indissociable de leurs droits fondamentaux : droit à la vie, à la santé, à la non-discrimination et au respect de la vie privée.

Cet article met en lumière un tournant sociétal au Togo : la volonté des citoyens de briser les tabous et de promouvoir une éducation sexuelle complète pour protéger les jeunes filles.

Source : Afrobaromettre

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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