Togo/Avé 2 : Le destin brisé du jeune joueur GASSE Kalla après un accident de travail chez Ebomaf, Faure Gnassingbé interpellé

Le parcours de GASSE Kalla, jeune talentueux footballeur de l’Avé, illustre tragiquement la précarité des conditions de travail auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes togolais. Ancien joueur du club Forêt Inabordable de Badja (FIB), il a porté les couleurs de plusieurs équipes locales, dont Bostino FC de Sanguéra, et s’est imposé comme un espoir du football régional. Mais son destin a basculé lorsqu’il s’est engagé auprès de la société Ebomaf, adjudicataire du marché de bitumage de la route Lomé-Kpalimé.

Affecté au Gabon en raison de sa bravoure et de son sérieux, GASSE Kalla a poursuivi son travail avec détermination. Malheureusement, lors d’une mission, il a été victime d’un grave accident : électrocuté et projeté du haut d’un semi-remorque, il a survécu mais en est ressorti grièvement brûlé et handicapé. Ramené au Togo, il affirme avoir été abandonné par la société Ebomaf, livré à la souffrance et à la charge de sa jeune épouse.

Aujourd’hui, l’ancien joueur ne peut plus marcher correctement ni voir distinctement. Ses perspectives professionnelles, que ce soit dans le football ou dans son métier de coiffeur, sont anéanties. Dans un cri de détresse, il interpelle directement le Président de la République, Faure Gnassingbé : « Je supplie notre Président, Son Excellence Faure Gnassingbé, de me sauver. Je n’en peux plus. Marcher est difficile pour moi. Mes enfants risquent de ne pas aller à l’école cette rentrée. »

Ce témoignage met en lumière la fragilité des jeunes travailleurs envoyés en mission à l’étranger par des sociétés privées, souvent sans garanties suffisantes en matière de sécurité et de prise en charge en cas d’accident. Il pose également la question de la responsabilité sociale des entreprises et du rôle de l’État dans la protection des citoyens.

L’histoire de GASSE Kalla est celle d’un talent brisé, mais aussi un appel à une meilleure gouvernance sociale et à une prise en compte des droits des travailleurs, afin que la quête d’un « mieux-vivre » ne se transforme pas en drame.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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