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La France refuse pour l’instant de restituer les crânes de deux figures historiques africaines : Victor Biaka Boda (Côte d’Ivoire) et l’Almamy Boubacar Biro Barry (Guinée). Malgré les demandes officielles de Conakry et les pressions de la société civile ivoirienne, Paris invoque des procédures scientifiques et juridiques complexes liées à la loi-cadre de 2023 sur la restitution des restes humains.
Victor Biaka Boda (Côte d’Ivoire) : député et militant anticolonial, assassiné le 27 janvier 1950 lors d’une répression française contre les résistants ivoiriens. Son corps fut décapité et sa tête envoyée en France comme trophée de guerre.
Almamy Boubacar Biro Barry (Guinée) : dernier souverain du Fouta-Djalon, décapité le 14 novembre 1896 après sa défaite face aux troupes coloniales françaises. Son crâne est conservé au Musée de l’Homme à Paris.
Le Quai d’Orsay et le Muséum national d’Histoire naturelle affirment que la restitution nécessite un travail scientifique et juridique préalable, conformément à la loi-cadre de mai 2023 qui encadre les restitutions de restes humains.
Paris rappelle que des restitutions ont déjà eu lieu, comme en septembre 2025 avec trois crânes malgaches rendus à Madagascar.
Guinée : le ministre de la Culture Moussa Moïse Sylla a officiellement demandé en juillet 2026 le rapatriement du crâne de Bokar Biro et de trois de ses proches. Il insiste sur la nécessité de leur rendre une sépulture digne.
Côte d’Ivoire : des intellectuels et militants dénoncent une humiliation persistante et réclament la restitution du crâne de Biaka Boda, symbole de la lutte contre les travaux forcés et la domination coloniale.
Opinion publique africaine : de nombreux commentateurs rappellent que « le mort est sacré » et que la conservation de ces restes en France constitue une offense à la mémoire collective.
Enjeu mémoriel : ces restitutions sont perçues comme un acte de justice historique et de réparation symbolique.
Enjeu politique : elles s’inscrivent dans la promesse faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017 de restituer des biens et restes humains pillés durant la colonisation.
Enjeu diplomatique : le refus actuel risque d’alimenter les tensions entre Paris et ses partenaires africains, déjà fragilisées par les crises au Sahel.





