Le Togo, médiateur africain, une diplomatie des passerelles

Le Togo s’impose progressivement comme un acteur central de la médiation en Afrique. Le 20 août 2026, deux mercenaires russes du groupe Wagner, capturés par le Front de libération de l’Azawad (FLA) lors de la bataille de Tinzawaten en juillet 2024, ont été libérés grâce à une facilitation togolaise. Cette opération intervient quelques jours après la remise en liberté de 82 militaires maliens détenus par le FLA et le Jnim, également obtenue par l’entremise de Lomé.

Selon Jeune Afrique, le président Faure Gnassingbé a joué un rôle clé dans le dialogue entre Bamako et les rebelles maliens. Ce n’est pas une première : en 2022‑2023, la médiation togolaise avait déjà permis la libération de 49 militaires ivoiriens détenus au Mali, un geste salué publiquement par Alassane Ouattara.

Depuis, la CEDEAO a officiellement associé Lomé à sa facilitation avec les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), tandis que l’Union africaine lui a confié la médiation dans la crise de l’Est de la RDC. Cette diplomatie multivectorielle repose sur une conviction : la paix est la condition première de tout développement durable. Le Togo dialogue avec Bamako sans rompre avec la CEDEAO, entretient des relations avec Moscou, Pékin et le Golfe tout en travaillant avec les partenaires occidentaux.

En somme, la stratégie togolaise illustre une diplomatie pragmatique et inclusive, qui cherche à transformer les crises en opportunités de dialogue. Elle confirme la volonté de Lomé de s’imposer comme un médiateur crédible sur la scène africaine et internationale.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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