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L’UEFA a confirmé qu’elle prépare une plainte pénale en Suisse contre Gianni Infantino pour « gestion déloyale », liée à son projet avorté d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés. Ce projet, abandonné début août 2026, aurait, selon l’instance européenne, causé un préjudice direct à la réputation et aux intérêts de la FIFA.
Gianni Infantino avait proposé de créer une société commerciale, baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), pour céder jusqu’à 20 % des parts de la Coupe du monde et d’autres compétitions à des fonds privés. Thrive Capital Management, fondé par Joshua Kushner (frère du gendre de Donald Trump), était prêt à investir 4,2 milliards de dollars pour acquérir une participation. Face à la contestation, Infantino a renoncé le 1er août 2026.
Gestion déloyale (article 158 du Code pénal suisse) : l’UEFA estime qu’Infantino a intentionnellement lésé les intérêts de la FIFA en tentant de transférer ses actifs les plus précieux à un cercle restreint de proches. Une requête préliminaire a été déposée auprès du tribunal fédéral du district sud de la Floride pour obtenir des documents et témoignages des filiales américaines de la FIFA (FIFA Americas et FW2026). Ces éléments serviront dans la procédure suisse. La gestion déloyale est passible de cinq ans d’emprisonnement en Suisse.
UEFA vs FIFA : cette plainte illustre la fracture croissante entre l’UEFA et la FIFA, déjà marquée par des tensions autour de la gouvernance mondiale du football. L’UEFA espère que cette action judiciaire fragilisera Infantino avant le congrès électif de la FIFA prévu le 18 novembre 2026 à Rabat (Maroc), où il brigue un nouveau mandat. L’affaire met en lumière la porosité entre sport et finance, et pourrait affecter la crédibilité de la FIFA auprès de ses 211 fédérations membres.
Carlos Cordeiro, ancien conseiller d’Infantino, a démissionné en dénonçant le projet comme une « mauvaise opération pour le football ». Plusieurs dirigeants européens considèrent que l’initiative visait à « libérer le potentiel commercial » de la FIFA, mais en réalité visait à enrichir un cercle restreint au détriment de l’institution.
La plainte annoncée par l’UEFA contre Gianni Infantino marque une escalade dans la crise de gouvernance du football mondial. Si la justice suisse accepte d’instruire l’affaire, elle pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir du président de la FIFA et sur l’équilibre des pouvoirs entre les grandes instances du football.





