0076/HAAC/01-2023/pl/P
Alors que les écoles privées togolaises encaissent des millions de francs CFA grâce aux frais de scolarité, les enseignants, eux, restent confinés à des salaires dérisoires : 52 000 FCFA au collège et au lycée, 45 000 FCFA au primaire. Un contraste qui révèle une injustice salariale structurelle et fragilise l’avenir éducatif du pays.
Dans les écoles privées du Togo, les frais de scolarité atteignent parfois des montants considérables, générant des recettes qui se chiffrent en millions de francs CFA. Pourtant, les enseignants, véritables artisans du savoir, perçoivent des salaires qui ne traduisent ni la valeur de leur travail ni leur rôle essentiel dans la formation des jeunes.
Cette situation crée un fossé entre les fondateurs d’établissements, souvent prospères, et les enseignants, contraints de survivre avec des revenus insuffisants pour subvenir à leurs besoins.
Avec des salaires oscillant entre 45 000 et 52 000 FCFA, les enseignants du privé vivent dans une précarité qui mine leur motivation. Beaucoup cumulent plusieurs emplois ou donnent des cours particuliers pour compléter leurs revenus. Cette sous‑valorisation traduit un manque de reconnaissance institutionnelle et sociale du métier, pourtant au cœur du développement national.
La démotivation et la surcharge de travail affectent la performance pédagogique des enseignants qui ont d’autres choses en tête au moment où ils sont en classe. De nombreux enseignants qualifiés quittent la profession pour d’autres métiers ou s’expatrient dans les pays frontaliers(Bénin, Burkina Faso) ou de la sous-région(Mali, Niger). Les profits des écoles contrastent avec la pauvreté du personnel éducatif.
Cette situation appelle une revalorisation salariale urgente et une régulation stricte du secteur privé. L’État, les syndicats et les associations éducatives doivent agir pour instaurer un équilibre entre les recettes des établissements et la dignité des enseignants.
Sans réforme, le risque est grand de voir s’effondrer la qualité de l’éducation et de compromettre l’avenir des générations togolaises.





