Cameroun : ils exhument le corps de leur cousin pour vendre ses ossements à des trafiquants de drogue

Une affaire macabre secoue le Cameroun. Deux frères ont été arrêtés pour avoir déterré le corps de leur cousin décédé afin de revendre ses ossements à un réseau impliqué dans la fabrication d’une drogue artisanale connue sous le nom de « caillou ». Les suspects espéraient tirer plusieurs millions de FCFA de ce trafic particulièrement choquant.

Les faits ont été mis au jour le 10 octobre 2026 à Yaoundé, lorsque les forces de gendarmerie ont interpellé un homme dans le quartier de Ngousso. Le suspect transportait un sac contenant des ossements humains qu’il s’apprêtait à vendre.

Face aux enquêteurs, il a rapidement reconnu les faits et expliqué qu’il agissait avec son frère aîné. Ensemble, ils auraient exhumé le corps de leur cousin, décédé deux ans auparavant et enterré dans un champ familial situé près de Pitoa, dans la région du Nord.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux hommes avaient déjà réussi à écouler la partie supérieure du squelette à Garoua pour la somme de 3 millions de FCFA.

Encouragés par cette première transaction, ils prévoyaient de vendre la partie inférieure du squelette au même prix. Leur projet a toutefois été interrompu par l’intervention des gendarmes, qui ont saisi les ossements avant leur commercialisation.

D’après les explications fournies par le lieutenant Claude Mboutou Abessolo, chef du bureau des recherches judiciaires, les restes humains étaient destinés à des trafiquants spécialisés dans la fabrication d’une substance artisanale appelée « caillou ».

Selon les autorités, cette drogue est revendue à des consommateurs après transformation. Les enquêteurs cherchent désormais à identifier les différents acteurs impliqués dans ce trafic, depuis les fournisseurs jusqu’aux réseaux de distribution.

Les deux frères doivent être présentés devant le Tribunal de grande instance de la Bénoué, à Garoua, où ils répondront notamment des faits liés à la profanation de sépulture et au trafic d’ossements humains.

Les investigations se poursuivent afin de démanteler l’ensemble du réseau et de déterminer l’ampleur exacte de ce commerce clandestin qui suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique.

Au-delà du caractère criminel des faits, cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur l’existence de réseaux utilisant des restes humains dans la fabrication de substances illicites. La profanation du corps d’un membre de leur propre famille en échange d’importantes sommes d’argent a provoqué indignation et consternation dans plusieurs localités du pays.

Pour les autorités camerounaises, l’affaire met en lumière la nécessité de renforcer la surveillance des réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogue et les atteintes à la dignité des défunts.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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