Cameroun : 44 ans au pouvoir, Paul Biya entre célébration de la longévité et débats sur l’alternance

Arrivé à la tête de l’État le 6 novembre 1982, le président camerounais demeure l’un des dirigeants les plus anciens du continent africain. Entre stabilité revendiquée par ses partisans et critiques de l’opposition, son maintien au pouvoir continue d’alimenter le débat politique.

Le 6 novembre 1982, à la suite de la démission du président Ahmadou Ahidjo, Paul Biya accédait à la magistrature suprême du Cameroun. Quarante-quatre ans plus tard, celui qui était alors Premier ministre est toujours aux commandes du pays. Réélu en octobre 2025 pour un nouveau mandat, il poursuit un règne politique sans équivalent dans l’histoire contemporaine du Cameroun.

À l’occasion de cet anniversaire, les militants et sympathisants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, saluent la longévité politique du chef de l’État. Pour eux, Paul Biya incarne la stabilité institutionnelle d’un pays qui a traversé plusieurs crises sécuritaires, économiques et politiques au cours des dernières décennies.

Ses soutiens mettent notamment en avant la préservation de l’unité nationale dans un environnement régional souvent marqué par des conflits armés et des transitions politiques parfois tumultueuses. Ils soulignent également les infrastructures réalisées sous ses différents mandats ainsi que la continuité de l’État qu’il représente depuis plus de quatre décennies.

Cependant, cette longévité exceptionnelle demeure au cœur des critiques formulées par l’opposition et plusieurs organisations de la société civile. Ces dernières dénoncent régulièrement une concentration excessive du pouvoir et l’absence d’alternance démocratique depuis l’indépendance du pays. Pour les opposants, la réélection successive de Paul Biya illustre les limites du système politique camerounais et les difficultés rencontrées par les forces alternatives pour accéder au pouvoir.

La question de la gouvernance, de la réforme des institutions électorales et du renouvellement de la classe politique revient ainsi de manière récurrente dans le débat public. Plusieurs acteurs politiques estiment que le pays doit préparer une nouvelle génération de dirigeants capables de répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires auxquels il est confronté.

Au-delà des clivages politiques, l’un des sujets les plus discutés demeure celui de la succession du président. Malgré ses nombreuses années à la tête de l’État, aucune transition politique clairement définie n’a été annoncée. Cette situation nourrit les interrogations aussi bien au sein de la classe politique que parmi les observateurs nationaux et internationaux.

À 44 ans de pouvoir, Paul Biya continue donc de susciter autant l’admiration de ses partisans que les critiques de ses adversaires. Entre argument de stabilité et aspiration à l’alternance, son parcours reste indissociable de l’histoire politique du Cameroun contemporain, alors que le débat sur l’avenir institutionnel du pays demeure plus que jamais d’actualité.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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