Affaire Epstein en Côte d’Ivoire : quand les institutions sont mises à l’épreuve par les révélations sur Nina Keïta

Les documents judiciaires américains publiés fin janvier 2025 ont révélé des liens troublants entre Jeffrey Epstein, financier américain condamné pour crimes sexuels sur mineures, et Nina Keïta, nièce du président ivoirien Alassane Ouattara. Ces échanges, datés de 2011 à 2018, montrent que Keïta, aujourd’hui directrice générale adjointe de la Société de Gestion des Stocks Pétroliers de Côte d’Ivoire (GESTOCI), aurait facilité des rencontres entre Epstein, des chefs d’entreprise locaux et de jeunes femmes, tout en servant d’intermédiaire dans certaines négociations sensibles impliquant le président Ouattara sn.notrecontinent.com Africanews africactu.com.

Ce scandale rappelle des cas similaires dans d’autres pays. Au Royaume-Uni, le prince Andrew a été contraint de se retirer de la vie publique dès 2019, perdant ses titres militaires et ses patronages royaux en 2022, puis son titre de duc d’York en 2025, en raison de sa proximité avec Epstein, bien qu’il n’ait pas été condamné dans cette affaire France 24 Rolling Stone Magazine. En Israël, l’ancien Premier ministre Ehud Barak a présenté ses excuses le 13 février 2026, regrettant son amitié avec Epstein et reconnaissant un manque de jugement dans ses relations avec lui Aljazeera US News.

Le volet africain de l’affaire Epstein, longtemps resté en marge, met désormais en lumière des réseaux économiques et politiques en Côte d’Ivoire. Les documents publiés par le département d’État américain en 2025 révèlent qu’Epstein a séjourné à Abidjan et entretenu une relation suivie avec Nina Keïta, ancienne mannequin devenue personnalité influente. Elle aurait joué un rôle d’intermédiaire entre Epstein et plusieurs figures politiques et économiques ivoiriennes Radio France Internationale ExcelAfrica.

Aux États-Unis, la publication massive de trois millions de fichiers liés à Epstein a été décidée par le département de la Justice, sous pression politique et médiatique. Le président Donald Trump, tout en reconnaissant l’ampleur des révélations, a appelé à « passer à autre chose », estimant que le pays devait se concentrer sur des enjeux plus urgents comme la santé La Presse.

La proximité, même indirecte, entre une haute responsable publique et un criminel sexuel condamné soulève une interrogation majeure : les institutions ivoiriennes peuvent-elles conserver la confiance des citoyens et de la communauté internationale dans leur capacité à protéger les plus vulnérables, notamment les enfants ? Dans un pays soucieux de son image, une telle affaire devrait entraîner des mesures fortes de transparence et de responsabilité.

L’affaire Epstein-Keïta illustre la fragilité des institutions face aux scandales internationaux. Elle pose une question fondamentale : la Côte d’Ivoire saura-t-elle, comme d’autres États, prendre des décisions institutionnelles fortes pour préserver son image et restaurer la confiance publique ?

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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