0076/HAAC/01-2023/pl/P
Il serait naïf de nier l’impact durable de la colonisation sur les sociétés africaines. Les frontières artificielles, les économies extraverties centrées sur l’exportation de matières premières, et les systèmes politiques hérités des puissances coloniales continuent de façonner nos réalités. Les interventions étrangères, qu’elles soient économiques, militaires ou diplomatiques, rappellent que l’Afrique reste insérée dans un rapport de dépendance et de domination.
Cependant, réduire nos défis actuels à la seule colonisation revient à esquiver une part essentielle du problème : la gouvernance. Corruption endémique, institutions fragiles, manque de transparence et choix économiques discutables sont des facteurs internes qui freinent le développement. Les élites africaines ont souvent reproduit des logiques d’accaparement et de clientélisme, privant les citoyens des bénéfices d’une gestion responsable des ressources.
Aujourd’hui, l’Afrique dispose d’atouts considérables : une jeunesse dynamique, des ressources naturelles abondantes, et une créativité culturelle et technologique en plein essor. La question n’est plus seulement de dénoncer les ingérences extérieures, mais de savoir comment transformer ces atouts en leviers de développement. Cela implique des politiques éducatives ambitieuses, une industrialisation adaptée, et une gouvernance centrée sur l’intérêt collectif.
Il est donc pertinent de continuer à rappeler l’impact du colonialisme et des puissances étrangères, mais il est tout aussi crucial de mettre l’accent sur nos propres responsabilités. L’Afrique ne peut se construire uniquement dans la dénonciation du passé ; elle doit aussi assumer son présent et inventer son avenir. La clé réside dans un discours équilibré : reconnaître les contraintes externes tout en exigeant des comptes de nos dirigeants et en valorisant nos initiatives locales.





