Algérie–Maroc : le duel des gazoducs s’intensifie autour du Transsaharien

La visite officielle du président nigérien Abdourahamane Tiani à Alger, les 15 et 16 février 2026, a marqué un tournant diplomatique majeur. Au-delà du réchauffement des relations entre Niamey et Alger, cette rencontre a relancé le projet du gazoduc transsaharien (TSGP), une infrastructure stratégique destinée à acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le Niger et l’Algérie. Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé que les travaux débuteraient après le mois de Ramadan, sous la conduite de la compagnie publique Sonatrach Agence Ecofin ObservAlgérie.

Le gazoduc transsaharien, long de plus de 4 000 km, doit relier le Nigeria à l’Algérie en traversant le Niger. Il offrirait au gaz nigérian une façade méditerranéenne, permettant son acheminement vers l’Europe. Dans un contexte où l’Union européenne cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques après la crise russo-ukrainienne, ce projet apparaît comme une alternative stratégique.

Ce projet algérien se positionne face au Nigeria-Morocco Gas Pipeline (NMGP), un autre projet concurrent qui vise à relier le gaz nigérian à l’Europe via la côte ouest-africaine et le Maroc. Le duel entre Alger et Rabat dépasse donc la simple question énergétique : il s’agit d’une compétition d’influence régionale et internationale. L’Algérie entend capitaliser sur ses infrastructures existantes et sa proximité géographique avec l’Europe, tandis que le Maroc mise sur son rôle de hub atlantique et ses partenariats stratégiques.

Pour Bruxelles, ces projets représentent une opportunité de réduire la dépendance au gaz russe. Mais ils posent aussi des défis financiers et sécuritaires :

  • Sécurité : traversée de zones instables au Sahel pour le TSGP.
  • Financement : coûts estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
  • Diplomatie : nécessité de concilier les rivalités algéro-marocaines pour éviter une guerre d’influence énergétique.

La relance du TSGP s’inscrit dans une dynamique plus large : retour des ambassadeurs entre Alger et Niamey, reprise des échanges bilatéraux et volonté affichée de renforcer la coopération énergétique. Pour l’Algérie, il s’agit aussi d’enterrer définitivement le contre-projet marocain et de réaffirmer son rôle de puissance énergétique en Afrique du Nord ObservAlgérie Financial Afrik.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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