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Le dimanche 8 février 2025, les députés de la 10ᵉ législature ont officiellement pris leurs fonctions à l’Assemblée nationale du Bénin, avec l’élection de Joseph Djogbénou comme nouveau président du Parlement. Mais derrière cette installation solennelle se cache un dilemme institutionnel qui agite plusieurs élus : la question de l’incompatibilité des fonctions.
En effet, certains députés nouvellement élus cumulent actuellement des responsabilités au sein de l’exécutif ou dans des institutions locales. Selon les données disponibles, il s’agit de 4 ministres, 6 maires et 3 directeurs généraux. La loi béninoise impose un choix : siéger au Parlement ou conserver leur poste actuel.
Pour les directeurs généraux et certains maires, la décision semble relativement simple : le mandat parlementaire offre une visibilité nationale et une stabilité institutionnelle. Mais pour les ministres-députés, la situation est plus complexe. La fonction ministérielle est généralement perçue comme plus prestigieuse et plus influente que celle de député. Toutefois, le calendrier politique change la donne : dans deux mois, le Bénin organise une élection présidentielle qui entraînera la formation d’un nouveau gouvernement.
Rien ne garantit que les ministres actuels seront reconduits dans leurs fonctions. Ainsi, refuser de siéger à l’Assemblée pour rester au gouvernement comporte un risque majeur : celui de perdre son portefeuille ministériel et de ne plus pouvoir revenir occuper son siège de député. Ce scénario, jugé « bizarre » par certains observateurs, illustre la fragilité des équilibres politiques et la difficulté de concilier ambition personnelle et contraintes institutionnelles.
Ce dilemme met en lumière la tension entre l’exécutif et le législatif dans le système béninois. Il interroge aussi sur la perception des mandats : le Parlement, censé être le cœur de la démocratie, est parfois relégué au second plan face à l’attrait du pouvoir exécutif.
À l’approche de la présidentielle, ce choix stratégique des ministres-députés pourrait avoir des répercussions sur la composition du futur gouvernement et sur la dynamique parlementaire. Le cas de la 10ᵉ législature illustre ainsi les défis d’un système politique où les ambitions individuelles se heurtent aux règles institutionnelles.





