0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le lundi 16 mars 2026, la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a ouvert un procès glaçant. À la barre, Ganemtoré, 36 ans, comparaissait pour répondre des faits d’assassinat et d’infanticide. Il est accusé d’avoir ôté la vie à sa compagne, Pacéré, ainsi qu’à leur bébé âgé de seulement 21 jours.
Devant les juges, l’accusé a reconnu les faits. Selon ses déclarations, son retour au Burkina Faso en 2020, motivé par la maladie d’un oncle, l’avait plongé dans une situation instable. Après avoir perdu son tuteur et s’être retrouvé sans domicile fixe, il avait trouvé refuge dans une maisonnette en tôles à Kossodo grâce à un certain Sankara. C’est dans ce quartier qu’il fit la rencontre de Pacéré, avec qui il entama une relation.
Mais très vite, des tensions apparurent au sein du couple. Ganemtoré affirmait soupçonner sa compagne d’entretenir une relation avec l’un de ses amis, alors même qu’elle était enceinte de lui. Ces soupçons, nourris par la jalousie et l’instabilité personnelle de l’accusé, auraient conduit au drame.
Le procès met en lumière les ravages des violences conjugales et familiales, qui continuent de faire des victimes dans la société burkinabè. L’assassinat d’une mère et de son nourrisson choque par sa brutalité et rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention et de protection des femmes et des enfants.
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des questions plus larges :
- La vulnérabilité des femmes dans des contextes de précarité sociale et économique.
- La nécessité d’une justice exemplaire, pour dissuader les auteurs potentiels de violences domestiques.
- Le rôle des communautés, qui doivent être davantage sensibilisées afin de détecter et prévenir les situations à risque.
Le verdict attendu dans ce procès sera scruté de près, car il incarne la réponse judiciaire face à l’une des formes les plus extrêmes de violence domestique. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un test de la capacité de la justice burkinabè à protéger les plus vulnérables et à sanctionner sévèrement les crimes qui bafouent les droits fondamentaux à la vie et à la dignité.
Ce drame à Ouagadougou illustre la nécessité d’une mobilisation collective contre les violences conjugales.





