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Le Burkina Faso a annoncé la création en 2026 d’une holding publique bancaire destinée à centraliser et gérer les participations de l’État dans les établissements financiers, une réforme visant à renforcer la gouvernance, préparer des restructurations et attirer de nouveaux partenaires.
Le gouvernement burkinabè a dévoilé, le 2 février 2026, son projet de mise en place d’une holding bancaire publique. Cette structure aura pour mission de détenir et gérer les parts de l’État dans plusieurs établissements financiers, principalement des banques publiques. L’annonce a été faite par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, lors de la présentation des projets prioritaires de son département pour l’année 2026 nouvellesafrique.com Agence Ecofin.
Les objectifs de la réforme sont : Centralisation des participations c’est à dire regrouper les parts de l’État dans une seule entité pour éviter leur dispersion. Suivi des performances, assurer une meilleure visibilité sur les résultats financiers des banques concernées. Préparation de réformes, faciliter des opérations de restructuration, d’ouverture de capital ou de partenariats stratégiques. Renforcement de la gouvernance, améliorer la transparence et l’efficacité dans la gestion des actifs publics.
À fin décembre 2024, le Burkina Faso comptait 20 établissements de crédit, dont 16 banques et 4 établissements financiers, selon le rapport annuel 2024 de la Commission bancaire de l’UEMOA Agence Ecofin. L’État détient des participations dans 11 banques, représentant un capital global estimé à 62,34 milliards FCFA (environ 111,8 millions USD). La présence publique est concentrée dans les banques nationales, mais l’État est également actionnaire de 3 des 4 établissements financiers opérant dans le pays Agence Ecofin.
La holding permettra une gestion plus rationnelle et transparente des fonds investis. En regroupant ses participations, l’État espère renforcer la solidité du secteur et accroître la confiance des investisseurs. La structure pourrait faciliter l’entrée de nouveaux partenaires, notamment régionaux et internationaux. Cette initiative s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays de l’UEMOA, où les États rationalisent leur présence dans le secteur bancaire pour stimuler la compétitivité Journal L’Economiste du Faso.
La création de cette holding publique bancaire constitue une réforme stratégique pour le Burkina Faso. Elle vise à professionnaliser la gestion des participations de l’État, à préparer des réformes structurelles et à renforcer la transparence. Toutefois, son efficacité dépendra de : La mise en place d’une gouvernance solide et indépendante, la capacité à attirer des partenaires privés crédibles, la cohérence avec les réformes régionales de l’UEMOA en matière de supervision bancaire.
En somme, cette réforme pourrait devenir un levier majeur de modernisation du secteur financier burkinabè, mais elle nécessitera une mise en œuvre rigoureuse pour éviter que la holding ne soit perçue comme une simple structure administrative sans impact réel.





