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La Coupe d’Afrique des Nations 2025, censée être une fête du football continental, s’est transformée en un champ de bataille politique et juridique. Après la décision controversée de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer le titre au Sénégal malgré sa victoire en finale contre le Maroc, l’Afrique du Sud est entrée dans l’arène avec une prise de position tranchée.
Dans une interview accordée à SABC News Morning Live, le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture, Gayton McKenzie, a annoncé que son pays était prêt à fournir un soutien juridique complet au Sénégal. Selon lui, la décision de la CAF est une injustice flagrante et une atteinte à l’intégrité du football africain.
« Soyons clairs : le Sénégal est champion d’Afrique. On ne gagne pas un match de football au bureau », a-t-il martelé, dénonçant ce qu’il considère comme une « intimidation » exercée par le Maroc au sein de la CAF.
L’Afrique du Sud ne se limite pas aux déclarations politiques. Le gouvernement propose de mettre à disposition ses meilleurs avocats pour accompagner le Sénégal dans un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), seule instance capable de renverser la décision de la CAF. Cette démarche marque une escalade, transformant une polémique sportive en véritable affrontement juridique et diplomatique.
Gayton McKenzie ne s’est pas arrêté à la CAN masculine. Il a vivement critiqué le report de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026 (WAFCON), initialement prévue en mars puis décalée à juillet.
« Pourquoi les femmes sont-elles traitées ainsi ? Jamais on ne ferait ça pour le football masculin », a-t-il dénoncé, avant de proposer que l’Afrique du Sud accueille la compétition, affirmant que son pays dispose de meilleures infrastructures que le Maroc.
Cette double offensive – sur la CAN 2025 et la WAFCON 2026 – illustre les tensions croissantes au sein du football africain. Le Maroc, accusé de vouloir imposer son influence, se retrouve au centre des critiques, tandis que le Sénégal bénéficie d’un soutien politique inédit. L’Afrique du Sud, en se positionnant ainsi, transforme une querelle sportive en un bras de fer diplomatique qui pourrait redessiner les équilibres au sein de la CAF.
La CAN 2025 n’est plus seulement une compétition sportive : elle est devenue un terrain où se croisent enjeux politiques, diplomatiques et juridiques. Le soutien de l’Afrique du Sud au Sénégal ouvre une nouvelle phase de confrontation, où le football africain risque de se jouer autant dans les stades que dans les tribunaux.
Une chose est sûre : cette affaire ne fait que commencer, et son dénouement pourrait marquer durablement l’histoire du sport africain.





