0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le scrutin présidentiel du 10 avril 2026 à Djibouti s’est déroulé dans un climat sans véritable suspense. Le président sortant Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, s’est porté candidat à sa propre succession pour un sixième mandat, rendu possible par une révision constitutionnelle adoptée en 2025. Cette réforme a supprimé la limite d’âge de 75 ans pour les candidats à la présidence, ouvrant la voie à sa nouvelle candidature.
Face à lui, un seul adversaire officiel : Mohamed Farah Samatar, représentant la Coalition pour la Démocratie et l’Unité (CDU), un parti marginal sans représentation parlementaire. Les principales formations d’opposition, dont l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD), ont choisi de boycotter le scrutin, dénonçant un processus verrouillé et une absence de conditions équitables.
Le vote s’est déroulé dans le calme, avec une participation jugée modérée en début de journée. Les observateurs notent que Djibouti n’a jamais organisé de second tour présidentiel, et que les scrutins précédents ont toujours confirmé la domination de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP), coalition au pouvoir.
Au-delà du scrutin, l’actualité politique djiboutienne est également marquée par l’ascension internationale de Mahmoud Ali Youssouf, ancien ministre des Affaires étrangères, désormais président de la Commission de l’Union africaine. Cette nomination illustre l’influence régionale croissante de Djibouti, malgré les critiques internes sur la gouvernance et l’état des libertés.
Guelleh, déjà au pouvoir depuis 27 ans, pourrait prolonger son règne de cinq années supplémentaires. Djibouti reste un hub géopolitique majeur, accueillant plusieurs bases militaires étrangères. Le boycott de l’opposition et les critiques des ONG risquent d’entacher la légitimité du scrutin.
Sources : Agence Ecofin, RFI, Jeune Afrique





