Élection du Secrétaire Général de l’ONU : entre lobbying et enjeux africains

La succession d’António Guterres à la tête des Nations unies, prévue pour janvier 2027, suscite déjà de vifs débats. Alors que la procédure officielle de désignation des candidats doit s’achever d’ici avril 2026, plusieurs noms circulent, dont celui de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et du diplomate argentin Rafael Mariano Grossi, déjà soutenus par certains États membres camou-communication.com.

Du côté africain, la question reste ouverte. La Nigériane Amina Mohamed, actuelle Vice-Secrétaire Générale de l’ONU depuis 2017, est régulièrement citée comme une personnalité de premier plan. Forte de neuf années d’expérience au sein du système onusien, elle incarne une candidature crédible pour porter la voix du continent.

En revanche, l’ancien président sénégalais Macky Sall fait l’objet d’un intense lobbying, notamment relayé par certains cercles diplomatiques français France 24. Depuis plusieurs mois, il entretient le flou sur une éventuelle candidature, alimentant les spéculations. Ses opposants rappellent toutefois son bilan controversé : tensions politiques liées à sa volonté de briguer un troisième mandat, arrestations d’opposants et critiques sur la gestion financière du pays. Ces éléments nourrissent les doutes sur sa légitimité à incarner un poste aussi stratégique.

Certains observateurs soulignent également ses liens étroits avec la France. En novembre 2023, Emmanuel Macron l’a nommé « Envoyé spécial et Président du Comité de suivi du Pacte de Paris pour la Planète et les Peuples », une fonction interprétée par ses détracteurs comme une dépendance vis-à-vis de l’Élysée. Cette proximité alimente les critiques sur une éventuelle instrumentalisation de sa candidature pour défendre des intérêts extérieurs au continent.

À ce stade, aucune candidature africaine n’a été officiellement validée par l’Union africaine Europe Says. Mais le débat révèle une fracture : d’un côté, ceux qui plaident pour une figure expérimentée issue du système onusien, comme Amina Mohamed ; de l’autre, ceux qui misent sur un ancien chef d’État africain, malgré les controverses.

L’enjeu dépasse les personnes : il s’agit pour l’Afrique de s’unir autour d’un candidat capable de défendre ses intérêts dans une institution où elle reste sous-représentée. Le précédent de Kofi Annan, Secrétaire Général de 1997 à 2006, demeure une référence. Mais pour espérer rééditer cet exploit, le continent devra éviter les divisions et résister aux influences extérieures.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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