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Le gouvernement ghanéen vient de franchir une étape décisive dans le dossier sensible de la délimitation de sa frontière maritime avec le Togo. Après huit années de discussions bilatérales restées sans issue, Accra a officiellement notifié Lomé de sa décision de recourir à l’arbitrage international, conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).
Cette démarche, annoncée par Felix Kwakye Ofosu, député et porte-parole du Président, traduit la volonté du Ghana d’éviter une escalade des tensions qui, ces dernières années, ont opposé certaines institutions des deux pays. Les incidents répétés dans la zone maritime contestée ont en effet alimenté une atmosphère de méfiance, menaçant la stabilité régionale et les relations de bon voisinage.
Depuis près d’une décennie, les délégations ghanéennes et togolaises se sont rencontrées à plusieurs reprises pour tenter de tracer une frontière maritime claire. Les discussions ont porté sur des enjeux stratégiques : accès aux ressources halieutiques, exploitation pétrolière et gazière offshore, ainsi que la sécurité des activités maritimes. Mais malgré la volonté affichée de parvenir à un compromis, les divergences persistantes ont empêché la signature d’un accord définitif.
En saisissant les instances internationales prévues par la CNUDM, le Ghana affirme vouloir privilégier un règlement pacifique et juridiquement contraignant. L’arbitrage permettra de clarifier les droits et obligations des deux États, tout en réduisant les risques de confrontation. Cette décision s’inscrit dans une logique de diplomatie préventive : éviter que des différends territoriaux ne dégénèrent en conflits ouverts.
Au-delà de la question technique de la frontière, Accra insiste sur la nécessité de préserver les liens historiques et culturels qui unissent les peuples ghanéen et togolais. « Notre objectif est de promouvoir un règlement à l’amiable et de maintenir de bonnes relations entre nos deux pays », a souligné Felix Kwakye Ofosu.
Cette initiative pourrait servir de précédent en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États font face à des différends frontaliers similaires. En choisissant la voie du droit international plutôt que celle de la confrontation, le Ghana envoie un signal fort : la stabilité régionale passe par le respect des règles et des mécanismes multilatéraux.





