0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le samedi 31 janvier 2026 a marqué un moment significatif lors de la Conférence internationale sur le Royaume de Kush, sur le thème « Patrimoine historique et perspectives d’avenir ». Parmi les intervenants principaux figurait l’Hon. Marc Joseph Bazié, Analyste politique,Historien et Secrétaire général du Parlement panafricain de la jeunesse du Royaume de Kush, dont la présentation a suscité un vif intérêt intellectuel et une réflexion approfondie.
Dans un discours structuré et analytique, l’Hon. Bazié a examiné le Royaume de Kush en tant que projet étatique contemporain, ancré dans l’histoire africaine tout en s’inscrivant dans les cadres modernes du droit international, de la gouvernance et de la coopération panafricaine. Son intervention ne se présentait pas comme un plaidoyer politique, mais plutôt comme une réflexion académique rigoureuse sur la formation étatique à l’ère postcoloniale.
Réhabiliter l’histoire comme fondement du présent
Un pilier central de la présentation de l’Hon. Bazié a été la pertinence symbolique et historique du nom Kush. Établissant une comparaison puissante, il a noté que tout comme le Ghana moderne a délibérément adopté le nom de l’ancien empire du Ghana, le Royaume de Kush actuel – établi sur le territoire de Bir Tawil – a choisi son nom pour affirmer une continuité historique et culturelle.
Selon lui, de tels choix ne sont ni accidentels ni décoratifs. Ils reflètent un effort conscient pour renouer avec les civilisations africaines précoloniales et pour se réapproprier des récits qui existaient bien avant que les frontières coloniales ne fragmentent le continent.
L’Hon. Bazié a rappelé que l’ancien Royaume de Kush, florissant en Nubie (actuel nord du Soudan et sud de l’Égypte), fut l’une des plus grandes civilisations d’Afrique. À son apogée, Kush a régné sur l’Égypte en tant que 25ᵉ dynastie, affirmant le leadership politique, culturel et spirituel africain dans toute la vallée du Nil. L’héritage de Kush – visible à travers ses pyramides, ses temples et sa sophistication administrative – demeure une preuve documentée de la souveraineté et de l’art de gouverner précoces de l’Afrique.
Bir Tawil et le Royaume de Kush contemporain
S’appuyant sur ce fondement historique, l’Hon. Bazié s’est penché sur le Royaume de Kush moderne, proclamé sur le territoire de Bir Tawil, une zone unique non revendiquée formellement par aucun État reconnu. Il a expliqué que le projet ne cherche pas une continuité territoriale légale avec l’ancien royaume, mais embrasse plutôt une réappropriation symbolique et culturelle, comparable aux pratiques adoptées par plusieurs États africains modernes.
Le Royaume de Kush, a-t-il souligné, se positionne comme une initiative pacifique, fondée sur le droit et tournée vers l’avenir, guidée par les principes de la monarchie constitutionnelle, de la gouvernance parlementaire, de la séparation des pouvoirs et d’une construction institutionnelle progressive. Il promeut également une conception inclusive de la citoyenneté, plaçant la diaspora africaine au cœur de sa vision politique, culturelle et économique.
Une perspective panafricaine pour le 21ᵉ siècle
L’Hon. Bazié a en outre souligné l’ambition panafricaine plus large du Royaume de Kush. Plutôt que de promouvoir une unification politique forcée, le projet préconise une convergence économique, culturelle et institutionnelle graduelle, ancrée dans le respect de la souveraineté étatique et de la coopération régionale. En ce sens, le Royaume de Kush se présente comme un laboratoire pour des modèles alternatifs de gouvernance, de développement et d’engagement de la diaspora.
Une contribution intellectuelle à la pensée africaine contemporaine
En conclusion, la présentation de l’Hon. Marc Joseph Bazié a positionné le Royaume de Kush comme bien plus qu’un symbole politique. Il s’est imposé comme un sujet sérieux de recherche académique, touchant au droit international, aux sciences politiques, aux études africaines, à l’économie du développement et aux études sur les diasporas.
Son intervention a invité les chercheurs, les décideurs politiques et les jeunes leaders à repenser la souveraineté, l’identité et le développement en Afrique, non par nostalgie, mais par une réflexion informée et une vision stratégique.
La session s’est conclue par un échange ouvert, renforçant l’objectif de la conférence : stimuler un dialogue critique sur le passé, le présent et les futurs possibles de l’Afrique.





