0076/HAAC/01-2023/pl/P
La capitale togolaise, Lomé, est devenue du 10 au 14 mars 2026 le centre des réflexions stratégiques de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La commission mixte éducation, culture, santé, télécommunications et technologies de l’information du Parlement de la CEDEAO y tient une réunion axée sur un thème crucial : « renforcer l’alignement des programmes d’enseignement sur les besoins socio-économiques de la sous-région ».
L’ouverture officielle a été présidée par Son Excellence Hadja Mémounatou Ibrahima, Présidente du Parlement de la CEDEAO, en présence du ministre togolais de l’Éducation nationale, Mama Omorou, ainsi que de nombreux parlementaires et experts régionaux.
La CEDEAO fait face à un constat préoccupant : dans plusieurs pays, les programmes scolaires et universitaires ne répondent pas suffisamment aux évolutions du marché du travail, aux mutations technologiques et aux réalités socio-économiques locales. Malgré des réformes engagées, un décalage persistant existe entre les diplômes obtenus et les compétences réellement recherchées par les employeurs.
Selon l’Organisation internationale du travail, près d’un jeune sur trois en Afrique de l’Ouest est au chômage ou en situation de sous-emploi. La Banque mondiale souligne de son côté que plus de 60 % des entreprises subsahariennes peinent à recruter des travailleurs qualifiés. Ce déséquilibre illustre l’urgence d’une refonte des systèmes éducatifs.
La commission mixte entend :
- Évaluer la pertinence des programmes d’études aux niveaux élémentaire, secondaire et supérieur, en lien avec les secteurs clés de croissance.
- Renforcer l’intégration de l’enseignement technique et professionnel pour améliorer l’employabilité et encourager l’auto-entrepreneuriat.
- Promouvoir des curricula axés sur les compétences, mettant en avant l’innovation, la pensée critique et la capacité d’adaptation.
Pour l’honorable Soklingbé Senou, chef de la délégation togolaise, l’éducation ne doit plus être perçue comme une « industrie productrice de diplômes » mais comme un véritable catalyseur de compétences.
Le ministre Mama Omorou a salué le choix du Togo comme pays hôte, y voyant une marque de confiance. Il a rappelé que sous l’impulsion du Président Faure Essozimna Gnassingbé, des réformes ont déjà été initiées pour rapprocher l’école du monde économique, notamment par des partenariats avec le secteur privé et un accent mis sur l’entrepreneuriat.
La Présidente du Parlement de la CEDEAO, Mémounatou Ibrahima, a également insisté sur l’importance du Protocole A/P3/1/03 adopté en 2003, qui constitue un cadre juridique solide pour harmoniser les politiques éducatives dans la région.
Cette réunion marque une étape décisive dans la volonté de la CEDEAO de transformer l’éducation en un levier de développement durable. L’objectif est clair : former une jeunesse mieux préparée aux défis du marché du travail, capable de contribuer activement à la croissance économique et à la stabilité sociale de l’Afrique de l’Ouest.





