Niamey recule sous pression : Ouattara force Tiani à corriger son narratif sur l’attaque de l’aéroport

Le communiqué publié par la junte nigérienne ce jeudi 12 février a marqué un revirement spectaculaire. Après avoir accusé sans preuve la Côte d’Ivoire, la France et le Bénin d’être impliqués dans l’attaque de l’aéroport Hamani Diori de Niamey, Abdouramane Tiani et son Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) ont finalement reconnu que les assaillants provenaient de la frontière burkinabè.

Selon Alio Daouda, ministre de la justice du régime, 17 personnes de nationalités burkinabè et nigérienne ont été arrêtées. Cette version tranche avec les accusations initiales, jugées fantaisistes, qui évoquaient un avion d’Air Côte d’Ivoire ayant transporté des combattants islamistes.

La marche arrière de Niamey s’explique par la réaction ferme d’Abidjan. Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, a dénoncé une atteinte à l’image du président Alassane Ouattara et remis une protestation officielle à l’ambassadeur nigérien. Le communiqué ivoirien avertissait que le pays se réservait « le droit de tirer toutes les conséquences » si Niamey persistait dans ses accusations.

Sous cette pression diplomatique, Tiani a dû reculer. Mais les incohérences demeurent : comment des assaillants ont-ils pu franchir une frontière surveillée, rouler jusqu’à Niamey et attaquer un site stratégique sans être inquiétés ? Les observateurs estiment que la junte elle-même a facilité leur infiltration, révélant les fragilités sécuritaires du régime.

Ce volte-face illustre la vulnérabilité politique de Tiani, pris entre la nécessité de justifier ses échecs sécuritaires et la dissuasion diplomatique exercée par ses voisins. La crise met en lumière les tensions régionales et l’isolement croissant du CNSP, incapable de maintenir un narratif crédible face aux pressions extérieures.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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