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Le 16 février 2026, le général Abdourahmane Tiani, président de la transition au Niger, a accordé une longue interview de près de six heures. Il y a réitéré ses accusations contre la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin, qu’il accuse de vouloir déstabiliser son pays et, plus largement, l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette fois, le chef de l’État nigérien a livré des détails précis : noms, dates, coordonnées militaires, positions de bases françaises au Bénin et rotations d’aéronefs.
Pour ses détracteurs, ces révélations relèvent de la propagande. Mais pour ses partisans, elles témoignent d’une capacité réelle du Niger à collecter des informations sensibles. Tiani, militaire de carrière, insiste sur le fait qu’il ne pratique pas la diplomatie de façade mais agit en stratège, convaincu que Paris cherche à renverser son régime.
En novembre 2024, Jeune Afrique rapportait déjà que la DGSE était « dans la tourmente » après les premières accusations du Niger. Selon le magazine, Paris avait officiellement nié les faits, mais en coulisses, l’inquiétude grandissait face à certaines fuites de données révélées par Niamey. Ces éléments laissaient entendre que les services nigériens avaient pu obtenir des informations sensibles, suggérant une possible infiltration des réseaux français nouvelledafrique.tg.
Pour Niamey, ces révélations renforcent la légitimité de son discours anti-français et consolident l’AES dans sa posture de rupture avec l’ancienne puissance coloniale. Pour Paris, elles posent la question de la sécurité de ses services de renseignement et de la vulnérabilité de ses réseaux en Afrique de l’Ouest. Pour les observateurs, elles illustrent la guerre d’information qui accompagne désormais les tensions diplomatiques et militaires dans la région.
Entre accusations publiques et fuites confirmées par des médias proches de la sphère françafricaine, il devient difficile de balayer d’un revers de main les propos du général Tiani. Si la preuve formelle d’une infiltration de la DGSE par le Niger reste à établir, les indices accumulés depuis 2024 montrent que Niamey dispose bel et bien de relais capables de fragiliser Paris.





