Russie : Poutine intensifie la lutte contre le « satanisme » en interdisant des organisations jugées extrémistes

La Russie a renforcé sa campagne contre ce qu’elle qualifie de « satanisme » en interdisant plusieurs organisations et mouvements associés. En décembre 2024, le procureur général a déclaré le Temple Satanique (The Satanic Temple), organisation américaine non théiste, « indésirable » sur le territoire russe. Quelques mois plus tard, en juillet 2025, la Cour suprême a classé le « mouvement sataniste international » comme organisation extrémiste et dangereuse, bien que de nombreux observateurs soulignent qu’un tel mouvement structuré n’existe pas réellement.

Ces mesures s’inscrivent dans une campagne plus large du régime de Vladimir Poutine, étroitement allié à l’Église orthodoxe russe, visant à promouvoir les « valeurs traditionnelles » chrétiennes face à un Occident présenté comme décadent et « satanique ». Les autorités justifient ces interdictions par la nécessité de protéger la moralité nationale et de préserver l’identité culturelle russe.

La lutte contre le « satanisme » s’inscrit dans la stratégie du Kremlin de renforcer les valeurs conservatrices et religieuses, en opposition aux modèles occidentaux. De nombreux analystes estiment que ces interdictions relèvent davantage d’une rhétorique politique que d’une menace réelle, puisque le « mouvement sataniste international » n’existe pas en tant qu’organisation structurée. En associant l’Occident à des pratiques qualifiées de « décadentes », le pouvoir russe cherche à consolider son discours nationaliste et à mobiliser l’opinion publique autour de la défense des traditions.

Cette offensive contre le « satanisme » illustre la manière dont le Kremlin utilise le registre religieux et moral pour renforcer son autorité politique et justifier ses choix stratégiques. Elle s’inscrit dans une logique de confrontation idéologique avec l’Occident, présenté comme porteur de valeurs contraires à l’identité russe.

Au-delà de l’aspect symbolique, ces interdictions traduisent une volonté de contrôler l’espace culturel et spirituel en Russie, en marginalisant toute organisation perçue comme étrangère ou subversive. Elles participent d’une campagne plus large visant à consolider l’alliance entre l’État et l’Église orthodoxe, et à inscrire la Russie dans une posture de défense des « valeurs traditionnelles » face à un monde jugé hostile.

Source : France 24

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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