Sénégal : Guy Marius Sagna dénonce une répression « coloniale » contre les étudiants

La situation à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est brutalement aggravée après les propos du Premier ministre sénégalais, qui a évoqué un financement de certains étudiants par une partie de l’opposition. Dans la foulée, les forces de l’ordre ont mené une répression d’une intensité inédite contre les étudiants mobilisés, provoquant une vague d’indignation dans le pays.


Le député et militant Guy Marius Sagna a vivement réagi, dénonçant une « répression aveugle et gratuite » qui rappelle, selon lui, la colonialité persistante des institutions et des forces de sécurité. Il accuse certains agents d’être formés pour « insulter, massacrer, écraser au quotidien le citoyen et, au besoin, l’assassiner ». Pour lui, cette violence ne peut être justifiée par les accusations portées contre les étudiants : « Ceci explique cela. Ceci ne peut pas justifier cela », martèle-t-il.


Au-delà de la répression, Sagna met en lumière les dysfonctionnements structurels de l’enseignement supérieur sénégalais. Il pointe notamment la désorganisation du calendrier académique, qui conduit certains étudiants à achever en cinq ans des formations censées durer trois ans. Selon lui, le véritable problème dépasse les bourses et la restauration universitaire : c’est l’ensemble du système qui doit être transformé.


Le discours de Sagna s’inscrit dans une logique de rupture. Il appelle à une transformation profonde du pays, estimant que l’université est le miroir des contradictions sociales et politiques du Sénégal. Pour lui, la jeunesse ne doit pas être écrasée mais accompagnée, car elle incarne l’avenir et la dignité nationale.


La répression policière a suscité une vive émotion dans l’opinion publique et relancé le débat sur la gouvernance sécuritaire et éducative. Les propos de Guy Marius Sagna trouvent un écho auprès de nombreux étudiants et militants qui dénoncent une criminalisation des mouvements sociaux. La crise universitaire pourrait ainsi devenir un catalyseur d’un débat plus large sur la démocratie, la souveraineté et la justice sociale au Sénégal.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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