Togo : l’ANC dénonce une “faute grave” après la remise de Damiba au Burkina Faso

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a dénoncé la remise de l’ancien président burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba par le Togo aux autorités de Ouagadougou, qualifiant l’acte de “faute grave” et de violation du droit d’asile.

Le 4 janvier 2026 à Lomé, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a publié une déclaration condamnant fermement la décision des autorités togolaises de remettre Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la transition burkinabè, aux autorités issues du coup d’État militaire au Burkina Faso.

Selon l’ANC, cette remise constitue une rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile et du droit international, en particulier le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté sont menacées. Le parti d’opposition estime que le Togo a commis une “faute grave”, en agissant au mépris de la sécurité et des droits fondamentaux de Damiba.

Le gouvernement togolais avait confirmé le 19 janvier 2026 que cette extradition répondait à une requête formelle des autorités judiciaires burkinabè, qui poursuivent Damiba pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption et blanchiment de capitaux. Lomé a affirmé avoir agi dans le respect des instruments juridiques internationaux et de l’État de droit, après validation par les juridictions compétentes afreepress.net.

Pour l’ANC, ces accusations ne sont que des prétextes politiques, avancés sans décision judiciaire indépendante ni preuves vérifiables. Le parti souligne que la remise s’est faite dans un processus expéditif et opaque, en dehors de toute procédure contradictoire, ce qui constitue une violation manifeste de l’État de droit afreepress.net.

Au-delà du cas Damiba, l’ANC estime que cet acte traduit une volonté de rapprochement du Togo avec l’Alliance des États du Sahel (AES), au détriment de ses engagements au sein de la CEDEAO. Dans sa déclaration, signée par Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, le parti alerte sur le signal inquiétant envoyé aux réfugiés politiques présents au Togo, affirmant qu’aucun réfugié n’est désormais en sécurité sur le sol togolais.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *