Togo : Le gouvernement durcit le contrôle routier, mais les infrastructures et la corruption restent des freins

Face à la recrudescence des accidents graves sur les routes togolaises, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Colonel Calixte Batossie Madjoulba, a annoncé le 17 février 2026 une vaste opération de contrôle et de répression. Depuis le 9 février, des brigades de la Division de la sécurité routière (DSR) sont déployées sur les principaux corridors : le Grand Contournement de Lomé, la RN1 (Lomé–Cinkassé), la RN2 (Lomé–Aného) et la RN5 (Lomé–Kpalimé–Atakpamé). Les mesures incluent la surveillance des vitesses, des surcharges, de l’état mécanique des véhicules, la répression des stationnements anarchiques, des dépassements dangereux, ainsi que l’obligation du port de la ceinture et du casque. Les contrôles se feront de jour comme de nuit, et les contrevenants s’exposent aux rigueurs de la loi.

Les avancées

  • Tolérance zéro : Le gouvernement affiche une volonté ferme de réduire la sinistralité routière.
  • Couverture nationale : Les axes les plus accidentogènes sont ciblés en priorité.
  • Approche systématique : Contrôles renforcés et continus, sans distinction d’heure.

Les limites

  • Infrastructures déficientes : L’absence d’aires de repos et de parkings aménagés pousse les conducteurs à des stationnements dangereux.
  • Capacité des routes : La RN1, axe vital, reste surchargée. Son dédoublement pourrait fluidifier le trafic et réduire les risques.
  • Éclairage nocturne insuffisant : Les zones accidentogènes et virages dangereux manquent de visibilité, aggravant les collisions.
  • Corruption et racket : La réussite de l’opération dépendra de la discipline des forces de l’ordre. Sans lutte contre les pratiques de dessous de table, les contrôles risquent de perdre leur efficacité.

Ces mesures répressives sont nécessaires mais insuffisantes si elles ne s’accompagnent pas d’investissements structurels. La sécurité routière ne peut se limiter à la sanction : elle exige une modernisation des infrastructures, une sensibilisation des usagers, et une intégrité des forces de contrôle. Autrement, l’opération risque de se transformer en simple démonstration de force sans impact durable.

Le Togo engage une offensive sécuritaire sur ses routes, mais pour que cette stratégie produise des résultats tangibles, elle doit être complétée par des réformes structurelles et une lutte rigoureuse contre la corruption.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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